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vendredi 28 octobre 2011

Jacques Sapir descend l'accord pour sauver l'euro : "le pire accord possible"

Extraits d'un article de Jacques Sapir sur marianne2.fr



L'accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l'agonie de l'Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l'indépendance économique de l'Europe et son futur à moyen terme. C'est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.
Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l'indépendance de l'Europe sur l'autel d'un fétiche désigné Euro.

 (...)

3. La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. (...) Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« credit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus,  
ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !



4. L'appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu'ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manoeuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que 

ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. 

(...)


 
5. L'engagement de Berlusconi à remettre de l'ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d'austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.
 

6. La demande faite à l'Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d'austérité qui ont été exigés de ce pays.



7. L'implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l'oeil de Washington nous surveillera un peu plus... L'Europe abdique ici son « indépendance ».


Les piètres conclusions que l'on peut en tirer...
- Les marchés, après une euphorie passagère (car on est passé très près de l'échec total) vont comprendre que ce plan ne résout rien. La spéculation va donc reprendre dès la semaine prochaine dès que les marchés auront pris la mesure de la distance entre ce qui est proposé dans l'accord et ce qui serait nécessaire.
- Les pays européens se sont mis sous la houlette de l'Allemagne et la probable tutelle de la Chine. C'est une double catastrophe qui signe en définitive l'arrêt de mort de l'Euro. En fermant la porte à la seule solution qui restait encore et qui était une monétisation globale de la dette (soit directement par la BCE soit par le couple BCE-FESF), la zone Euro se condamne à terme. En recherchant un « appui » auprès de la Chine, elle s'interdit par avance toute mesure protectionniste (même Cohn-Bendit l'a remarqué....) et devient un « marché » et de moins en moins une zone de production. Ceci signe l'arrêt de mort de toute mesure visant à endiguer le flot de désindustrialisation.
- Cet accord met fin à l'illusion que l'Euro constituait de quelque manière que ce soit une affirmation de l'indépendance de l'Europe et une protection de cette dernière.
 
Les conséquences de cet accord partiel seront très négatives. Pour un répit de quelques mois, sans doute pas plus de six mois, on condamne les pays à de nouvelles vagues d'austérité ce qui, combiné avec le « credit crunch » qui se produira au début de 2012, plongera la zone Euro dans une forte récession et peut-être une dépression. Les effets seront sensibles dès le premier trimestre de 2012, et ils obligeront le gouvernement français à sur-enchérir dans l'austérité, provoquant une montée du chômage importante. Le coût pour les Français de cet accord ne cessera de monter. 


Politiquement, on voit guère ce que Nicolas Sarkozy pourrait gagner en crédibilité d'un accord où il est passé sous les fourches caudines de l'Allemagne en attendant celles de la Chine. Ce thème sera exploité, soyons-en sûrs, par Marine Le Pen avec une redoutable efficacité. Il importe de ne pas lui laisser l'exclusivité de ce combat.



La seule solution, désormais, réside dans une sortie de l'euro, qu'elle soit négociée ou non.

dimanche 25 septembre 2011

Jacques Sapir rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position américaine vis à vis de l'euro

Voici un extrait d'un article de Jacques Sapir publié sur marianne2.fr au sujet de la fin prochaine de l'euro :


Nombreux sont ceux qui pensent que la crise de l’Euro réjouit les dirigeants américains. Ils se trompent lourdement. Un Euro affaibli politiquement mais présent, concentrant pour plusieurs années encore l’attention des spéculateurs internationaux et freinant le développement des économies européennes, est bien la meilleure situation pour les dirigeants de Washington. C’est bien pourquoi ces derniers multiplient les initiatives pour forcer la main des pays européens et pour que soit mis en place un nouveau plan de sauvetage de la crise en Grèce.

Ainsi, pour des raisons aussi diverses qu’il y a de pays concernés, des deux côtés de l’Atlantique les dirigeants affirment leur volonté de défendre l’Euro. Mais les faits sont têtus ! Et quand on les méprise, ils se vengent.

Ainsi, Jacques Sapir (certainement l'économiste français le plus pertinent sur la crise de l'euro) rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position que les Etats-Unis ont vis à vis de la crise de l'euro.


On a beaucoup dit que les USA avaient tout intérêt à l'implosion de l'euro qui remettrait en cause le statut du dollar (sur cette thèse lire "La fin du dollar : Comment le billet vert est devenu la plus grande bulle spéculative de l'histoire" de Myret Zaki) si ce point de vue n'est peut être pas entièrement erroné, force est de constater que l'équivoque subsiste.
En effet, comme l'a relevé Asselineau, des documents déclassifiés du gouvernement américain révèlent au contraire l'appui - en coulisse - des USA au mouvement d'union européenne. 
Ainsi voici ce que releva Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph : 
The head of the Ford Foundation, ex-OSS officer Paul Hoffman, doubled as head of ACUE in the late Fifties. The State Department also played a role. A memo from the European section, dated June 11, 1965, advises the vice-president of the European Economic Community, Robert Marjolin, to pursue monetary union by stealth.

It recommends suppressing debate until the point at which "adoption of such proposals would become virtually inescapable".

Ainsi il existe une stratégie américaine de longue date visant à imposer "furtivement", "sans débat", l'adoption d'une monnaie unique. La récente présence de Tim Geithner aux côtés des ministres des finances de l'eurozone en Pologne (grossière ingérence acceptée par les dirigeants européens : imaginez que l'inverse se produise!) le confirme. 


Tout ceci confirme encore une fois le "stratagème des chaînes" des USA dans leur promotion de l'UE.

Eurokritik

jeudi 25 août 2011

Non à la constitution rampante d'une "Europe des dettes"

L'idéologie €uropéiste se fissure chaque jour un peu plus devant la réalité de son échec retentissant. Par la force des choses, la propagande médiatique en faveur d'un hara kiri pour sauver ce qui n'est pas sauvable laisse la place au bon sens qui fait peu à peu son retour : il faut mettre fin à ce massacre, et vite.

Ici une tribune dans Le Monde de Gérard Lafay, professeur émérite à l’université Paris-II et Philippe Villin, conseiller stratégique et financier, ancien directeur du "Figaro" :



Probablement, avec le recul, l'été 2011 apparaîtra comme celui de l'agonie de l'euro. A ce stade, on peut déjà en tirer plusieurs leçons pour gérer son avenir crépusculaire.



Première leçon : le fédéralisme furtif tenté ne passera pas. (…)

Le mérite de l'été 2011 aura, au moins, été de voir l'annonce par une Merkel contrainte juridiquement et politiquement qu'on n'irait pas plus loin. Heureuse nouvelle pour les démocrates qui pensent que les élites ne savent pas toujours mieux que les peuples ce qui est bon pour eux ! Mais les partisans d'un fédéralisme "à la sauvette" ont pris la porte dans la figure et en ont eu les dents cassées après la réunion "Sarkozy-Merkel" du 16 août.

L'Allemagne vient ainsi de clairement réitérer son refus de payer pour l'Europe du Sud et du Centre. Les leçons de l'été sont ici plus qu'éclairantes : l'Allemagne a interdit l'extension des capacités de financement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Elle a aussi reporté l'éventuelle création d'eurobonds… aux calendes grecques et Mme Merkel vient d'obtenir l'alignement de la France sur cette position.

De plus, l'Allemagne ne fait que tolérer que cette institution se goinfre d'obligations pourries de l'Europe du Sud ou médiocres de l'Italie pour que ces pays donnent l'apparence de se financer encore dans les marchés. Mais il est clair qu'elle ne tardera pas à souffler la fin de partie ne voulant pas à avoir à renflouer la Banque centrale européenne (BCE), qui devra bientôt constater des pertes massives sur ces achats et ne pourra pas continuer indéfiniment cette politique.

à ce stade, aucun débat n'a encore été engagé sur ce que la poursuite du projet de l'euro signifierait, tant en termes de nouvel appauvrissement continu et définitif des pays les pays faibles que de coûts d'une union de transferts pour les pays les plus riches.

(…)



Deuxième leçon : si le rôle de l'Allemagne a été bénéfique dans le refus de poursuivre la fuite en avant fédéraliste, elle contribue en même temps à aggraver la situation économique dans tous les pays de la zone euro.

En France, les autorités, prises de panique, veulent suivre aveuglément les recommandations germaniques, en voulant accentuer une politique de rigueur qui n'a aucun sens dans la situation de forte surévaluation que nous subissons depuis 2003. 
L'euro est beaucoup trop cher, ce qui signifie que nos prix et nos salaires sont plus élevés que partout ailleurs dans le monde.

La politique monétaire de la BCE est suicidaire. Qu'on en juge avec les deux dernières hausses de taux totalement inappropriées et dévastatrices pour l'Europe du Centre et du Sud !

(…)

Troisième leçon : les marchés intègrent progressivement cette nouvelle donne. Ils vont continuer à massacrer joyeusement les Bourses européennes en général et les valeurs bancaires en particulier, comme on l'a vu et le voit depuis quelques semaines.

les marchés ont compris que l'impasse de l'euro allait bientôt déboucher sur son explosion et ils l'anticipent.



En massacrant les banques européennes, les marchés anticipent les pertes plus ou moins importantes, selon les pays et les banques, que les banques européennes exposées à de la dette souveraine en euros ne pourront que constater très prochainement quand la zone éclatera. La tendance est claire : tant que le problème des dettes souveraines n'aura pas été purgé, les banques européennes seront entraînées dans une spirale de baisse infernale.



Que faire maintenant ?



La seule solution raisonnable consiste à démonter l'euro de manière organisée, aussi vite que possible, avant que tout ne saute.


(...)

Les élites politiques et technocratiques européennes doivent reconnaître leur échec avec l'euro et consacrer ce qui reste des ressources des Etats souverains de la zone euro à la garantie des banques et de la BCE. Sinon l'ovni leur explosera à la figure… entraînant les citoyens européens dans une crise économique sans précédent et dans une révolte sociale et politique contre ces élites qui leur ont menti.





dimanche 21 août 2011

"Inconséquence de l'opposition", par Jacques Sapir

Tribune de Jacques Sapir sur gaullisme.fr :





Il n’a donc pas fallu longtemps, exactement 48h, pour que la réponse des marchés financiers à la triste pantalonnade donnée par Nicolas Sarkozy en recevant Angela Merkel ne se fasse sentir (1). L’effondrement de la Bourse de Paris du jeudi 18 août en est la preuve (2).

Car c’est bien à une pantalonnade que nous avons assistée. Nicolas Sarkozy a capitulé certes dans les formes mais sans condition au diktat de Mme Merkel. Les dirigeants allemands (...) ne veulent plus payer pour le sauvetage de la zone euro. Ils ont enterré toute idée d’augmentation du Fonds Européen de Stabilisation Financière, mais par contre ils ont imposé une austérité sans précédent.


la zone euro sera sans ressources ni munitions quand l’Espagne viendra frapper à la porte et quand l’incendie mal éteint se réveillera sur le Portugal et la Grèce.

l’austérité va casser la croissance et plonger notre continent dans une récession profonde et de longue durée.

(…)

On peut, bien sûr, chercher à se consoler avec les mesurettes issues de ce sommet qui aura pourtant vu une capitulation totale de la part de la France.

La « taxe Tobin » est en effet inadaptée pour traiter de la spéculation actuelle. Ce sont des contrôles sur les mouvements de capitaux qu’il faudrait instaurer si l’on veut véritablement s’opposer à la spéculation. Et l’on sait que l’Allemagne y est opposée.

L’harmonisation de la fiscalité sur les entreprises entre la France et l’Allemagne est une idée tout aussi ridicule. Le problème de la concurrence fiscale ne se pose pas avec l’Allemagne, mais avec l’Irlande et le Luxembourg (entre autres).

Il faudrait de plus que cette harmonisation s’accompagne de menaces de droits de douanes sur les produits des compagnies qui, alors, seraient tentées de délocaliser leurs sièges sociaux. Ici encore, on sait que l’Allemagne ne veut pas entendre parler de ce genre de mesure.

Reste l’idée d’un gouvernement économique de l’Europe, dont on voit bien qu’il ne servira qu’à imposer encore plus d’austérité, et l’idée de généraliser la fameuse « règle d’or » constitutionnelle sur l’équilibre des finances publiques, règle (…) illusoire, dangereuse et anti-démocratique.

(...)
le Parti Socialiste se déchaîne (...) ayant pris le parti de vouloir sauver l’Euro à tout prix, il ne peut plus cacher vers quoi l’entraîne la logique de ses positions.

Manuel Valls est ainsi plus cohérent quand il se dit prêt à discuter de cette « règle d’or », même si on ne sait plus trop ce qu’un tel individu fait dans un parti dit « socialiste ». Mais, ni Martine Aubry ni François Hollande ne sont en reste avec lui sur le fond. Ils anticipent l’un et l’autre un tournant vers l’austérité devront faire avaler à leurs électeurs si jamais ils devaient triompher en mai 2012, comme l’ont fait avant eux les « socialistes » grecs, portugais et espagnols. J’avais dénoncé l’engagement dans cette logique dès septembre 2009 dans ma polémique (dans ces colonnes) avec Benoît Hamon.

La dernière illusion à laquelle s’accroche les européistes, et en particulier ceux de gauche, concerne l’émission d’euro-obligations. L’idée n’est ingénieuse qu’en apparence. En mutualisant la dette et en faisant émettre des titres aux noms d’une entité unique (la zone euro), on espère alors que les taux se rapprocheraient de ceux des pays les mieux notés, ce qui apporterait alors une bouffée d’oxygène aux pays les plus mal notés. Mais, ce mécanisme ne peut fonctionner.

si des émissions de titres incluant des dettes grecques, portugaises ou espagnoles étaient faites, les taux en seraient très élevés, et très supérieurs à ceux que payent aujourd’hui les pays qui sont encore bien notés.

(…)

Dès lors ces euro-obligations ne concerneraient que les pays dont la solvabilité est douteuse, et il faut s’attendre à ce que les taux soient très proches de ceux aujourd’hui exigés pour le financement de la dette grecque ou portugaise. Si l’on veut obliger les pays encore bien notés sur les marchés financiers à participer à ce mécanisme, le risque est alors important qu’un mécanisme de contagion se mette en place et que la totalité de leur dette (et non simplement l’émission de nouvelles dettes) soit dégradée par les agences de notations. Les euro-obligations, et la mutualisation de la dette, ne peuvent donc pas être la solution.


La solution existe pourtant, évitant à la fois une crise aiguë de la zone Euro et la récession. Elle consisterait dans un premier temps en une monétisation partielle de la dette dans des proportions variant en fonctions des pays (de 60% pour la Grèce à 25% pour la France et l’Allemagne), et dans un deuxième temps à faire évoluer la monnaie unique vers une monnaie commune solidement protégée contre la spéculation par l’interdiction de certaines pratiques et des contrôles de capitaux.

Les financements par la BCE mais aussi par des mécanismes bancaires spécifiques (comme les anciens « planchers minimum d’effets publics ») permettraient aux États de s’émanciper des marchés financiers et des agences de notation. La monétisation de la dette conduirait à une dévaluation de fait de l’Euro, passant d’un taux de change de 1,43 dollar à des taux compris entre 1,15 et 1 Dollar, ce qui aurait bien entendu un effet bénéfique sur l’activité économique dans de nombreux pays.

Mais il faudrait pouvoir imposer une telle solution. La France a donné un exemple de ce qu’il conviendrait de faire en 1965 avec la « politique de la chaise vide » (3) qui devait aboutir au fameux « compromis de Luxembourg ».

Cependant, fors de la menace crédible d’une sortie de la France de la zone Euro, qui est la seule chose qui ait quelque chance d’émouvoir les dirigeants de Berlin, on ne voit pas ce qui les ferait changer de position. Et pour que cette position ait une quelconque chance d’être crédible, elle doit être préparée (4).

L’heure n’est donc plus aux embrassades sur les perrons des palais présidentiels, mais au langage de la fermeté.

Hors de cela, il faudra choisir entre une austérité catastrophique qui plongera l’Europe tout entière dans une récession de longue durée, la rendant odieuse à la grande majorité, et une sortie de l’Euro. Tels sont les choix qui nous restent. Mais prenons-y garde.

À trop tergiverser la sortie de l’Euro s’imposera inéluctablement comme la seule solution préservant les acquis sociaux. Il n’y a d’avenir et de progrès pour les peuples européens que dans une rupture franche et décisive avec ces institutions dépassées.

Tant que les divers partis dits de « gauche » n’en auront pas pris conscience, ils resteront empêtrés dans un discours incohérent, qui les conduira inéluctablement à accepter demain ce qu’ils refusent aujourd’hui, que ce soit la « règle d’or » ou l’austérité sociale et économique qu’implique la gestion actuelle de la zone euro.

On le voit aujourd’hui en France comme on l’a vu hier en Grèce, au Portugal et en Espagne. Mais, ce faisant, ils abandonneront le terrain de la défense des acquis sociaux à d’autres. Il sera un peu tard, au soir d’une élection, pour s’en lamenter.


Source : http://www.gaullisme.fr

jeudi 18 août 2011

Bloc Identitaire, idiot utile de l'européisme ?

Tout est dans le titre.

"Le mouvement identitaire fait de l’Europe le cadre permanent de sa réflexion. En cela, il se différencie des souverainismes de droite ou de gauche. Quelle est votre position à propos de l’euro ?
Faire de l’euro la cause de tous les malheurs économiques de la France ou de l’Europe est, à mon sens, une erreur de fond.
Sans l’euro, des pays au bord du gouffre comme la Grèce seraient déjà au fond [ apparemment, F. Robert n’est pas au courant que l’adoption de l’euro par des pays comme la Grèce a été un facteur d’endettement facile ; il suffit également de comparer sa situation économique avec celle de la Turquie voisine pour voir à quel point l’euro a été bénéfique pour la Grèce…], et la France elle-même aurait sans doute déjà été attaquée par les marchés financiers [F.Robert apparemment ne réalise pas que c’est en priorité la zone euro qui est attaquée et non les pays ayant leur monnaie souveraine, pourquoi ? Et bien notamment parce que la zone euro est une construction anti-économique (zone monétaire non optimale = une monnaie unique ne se justifie pas) et que dès le départ de nombreuses voix se sont élevées pour prévenir de sa vulnérabilité face à la première réelle crise venue]. Le drame de la Grèce, du Portugal, de l’Italie ou de la France, ce n’est pas l’euro, pas plus que ce ne serait le drachme, la lire, l’escudo ou le franc. Tous ne sont que des noms de monnaie et donc des outils de taille différente [ une monnaie surévaluée est de façon certaine un facteur de non-développement ; contre exemple : la Corée du Sud qui s’est industrialisée avec une monnaie sous-évaluée, ce que ne fera pas la Grèce avec l’euro et ce qui explique la désindustrialisation française qui s'accélère]. (…) Dire aux gens : sans l’euro, tout ira mieux, est peut-être un pari politique, mais sans aucun doute un aveuglement économique. Revenir au franc, proposer de le dévaluer massivement, affirmer que l’inflation, c’est la faute de l’euro, ne me semble pas sérieux… A propos de l’inflation, il convient de rappeler qu’elle est plus importante dans des pays qui ne sont pas dans la zone euro comme la Grande Bretagne et d’autres pays européens, ou encore les USA.
Comment ne pas observer aussi que la presse la plus acharnée contre l’euro est la presse britannique. Pourquoi ? Voila une question intéressante… Une presse bien indulgente, en revanche, envers le dollar américain.

Soit. Mais, pour autant, l’euro est-il une panacée ?
Certainement pas tel qu’il est utilisé depuis sa création. Penser que la monnaie n’est qu’un agent économique est une erreur. Une monnaie, c’est aussi une domination politique. Tel est le rôle du dollar depuis 1945. Et tel est le reproche qu’il convient de faire à l’euro : ne pas être soutenu par une volonté européenne politique, par une souveraineté continentale. Faute d’un budget européen suffisant, faute des nécessaires transferts économiques et financiers qui ont été réalisés, par exemple, entre les “deux Allemagnes” [qui sont un échec] ou entre la France prospère et industrieuse, et les DOM TOM, on ne peut que constater une absence de convergence entre pays européens qui pénalise la monnaie unique [c’est au contraire la monnaie unique qui a accentué les divergences des pays de la zone euro !]. Faute d’une volonté politique [une volonté politique ! entre 27 Etats membres sous protectorat américain !], l’euro est sans doute trop cher, favorisant ainsi la poursuite artificielle de la main mise du dollar et des USA sur le monde. Mais il reste, en dépit de ses défauts, la seule monnaie crédible à la taille nécessaire dans le monde actuel [ni la Suède ni la Suisse ni la Turquie ni la Corée du Sud n’ont l’euro] Les Chinois ne s’y trompent pas, et convertissent leurs réserves de dollars en euros….."

 

mardi 16 août 2011

A quoi sert le PS ?

C'est la question qu'on se pose en lisant les réactions de son porte parole au sujet du sommet franco-allemand d'aujourd'hui :



Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste (…) a en particulier regretté que lors de cette rencontre ne soit pas à l'ordre du jour, à la demande de l'Allemagne, la question de l'instauration d'obligations européennes pour lutter contre la crise financière, une solution préconisée par le PS. "Le seul endroit où on ne parlera pas de la solution indispensable pour sortir l'Europe de la crise c'est le sommet franco-allemand", a-t-il déploré, jugeant que "pour l'instant, ce couple ne marche pas".

Source : Lepoint.fr

Plusieurs remarques à faire :  
les "solutions" préconisées par le Parti Socialiste vont toujours dans le sens de "plus d'Europe".  
Ce qui conduit mécaniquement à moins de démocratie (éloignement toujours plus grand du centre de décision politique des citoyens, en l'occurence vers les technocrates européistes) au profit en général de politiques dont les français ne veulent pas (du point de vue économique, social, international).  

aucune alternative réaliste n'est proposée par rapport à l'UMP.  
Il y a ici une convergence dans l'européisme qu'arrive très mal à cacher Benoît Hamon.  

Le PS, comme en général la classe politique française semble totalement étrangère aux réalités politiques européennes
les allemands ne veulent pas des eurobonds et ne veulent pas de l'Europe des transferts + il va bien falloir proposer des solutions autonomes plutôt que toujours s'en remettre à d'autres.
     Conclusion : le PS est dans une impasse politique totale.

    Eurokritik

    dimanche 24 juillet 2011

    L'européisme économique face à la réalité




    J-P Petit glisse ici quelques vérités : la zone euro (qui réunit des économies qui n'ont rien à voir ce qui a pour résultat fatal de les faire diverger d'avantage) est un pur échec. Les solutions européistes bien sûr consistent à continuer sur cette voie, accroitre le budget central, augmenter les transferts etc. avec les euro-technocrates aux commandes.  Ah mais pourquoi donc l'Europe réelle est-elle si éloignée des beaux schémas européistes ? Tout est à refaire ! Bref, les européistes sont simplement discrédités par les faits, ce sont des morts vivants, des zombis qui voient leur château de carte s'effondrer. 

    Comme l'a très bien montré Roland Hureaux ( "Les hauteurs béantes de l'Europe") l'européisme n'est qu'une variante de totalitarisme, c'est une idéologie, un projet préconçu basé sur une idée simpliste (unifier les Etats est quoi qu'il arrive la solution) et qui tente de s'imposer contre une réalité par essence complexe ce qui aboutit à un clash et à une régression sociale assurée. En ce sens, l'européisme est la suite logique du nazisme et du communisme.
    A cela il faut cependant ajouter qu'il s'agit non seulement d'une idéologie, mais également d'un projet de domination impérial, américain pour être plus précis (lisez Brzezinski). Ce point crucial (qui reste encore le plus occulté) a été exposé notamment par François Asselineau.

    Pour finir, vous noterez dans la vidéo la présence du président de la fondation européiste Robert-Schuman; Robert Schuman, un mythe made by CIA.


    Eurokritik


    Quand François Hollande réinvente… les CDS !


    (...)

    Que nous dit le camarade Hollande ? « [La solution à la crise] appelle une stratégie européenne sur les marchés. Les Eurobonds, c’est à dire les emprunts européens, seraient un moyen efficace de lever de l’argent à moindre coût et de l’utiliser pour racheter la dette grecque décotée et de prendre les spéculateurs à leur propre jeux. La Banque Centrale Européenne pourrait de son coté acquérir des obligations non échues pour permettre une restructuration en douceur des dettes souveraines les plus attaquées. »

    Qu’est ce qu’un « Eurobond » ? Ni plus ni moins que la mutualisation de la dette des États défaillants avec les celle des États solvables. Puisque nous avons des États qui peuvent faire face à leurs dettes et des États qui ne peuvent pas faire face à leurs dettes, la proposition des idéologues comme Monsieur Hollande est tout simplement de mélanger ces différentes dettes et de vendre ce nouveau produit à des investisseurs…. Ça ne vous rappelle rien ? Voyons, réfléchissez…. Il y a quelques années, on appelait cela des CDO ou CMO…. Mais oui, bien sûr, c’est ainsi que les banques américaines ont vendu les créances douteuses du marché immobilier américain au monde entier !

    Mélanger une dette saine avec une dette pourrie dans un même produit ne fait que dévaloriser la saine sans pour autant sauver la valeur de la pourrie.
     (...)

    lundi 11 juillet 2011

    La Grèce ou le théâtre d'ombres européen

    Extraits de cet article de Roland Hureaux mis en ligne sur Marianne2.fr


    L’aide apporte à la Grèce est certes conditionnée par des exigences chaque fois plus rigoureuses ; mais personne ne pense plus sérieusement que ces exigences, qui surpassent largement les capacités de l’économie et de la société grecque, seront  jamais satisfaites.
      
    En fait, ces exigences servent surtout à sauver la face des principaux décideurs. (...)

    Pourquoi cette comédie ? 

    D’abord, parce que les dirigeants occidentaux peuvent légitimement craindre que l’effondrement de la Grèce (qui pèse tout de même plus que Lehman Brothers) ait  des conséquences incalculables et cela, bien au-delà de l’Europe. Cet effondrement peut relancer la crise mondiale, provoquer une  nouvelle panique boursière ou bancaire. (...)

    En France et en Allemagne, la menace se trouve redoublée du fait de l’engagement des banques auprès de l’Etat grec. La faillite de la Grèce ne serait-elle pas aussi celle du Crédit agricole et de la BNP-Paribas ?  (...)

    La crédibilité de la classe politique en cause

    Mais par derrière ce qu’il faut bien appeler un acharnement thérapeutique, se trouve aussi le fait que la classe politique de toute  l’Europe occidentale a engagé sa crédibilité sur l’euro, comme la classe politique de l’Union soviétique sous Brejnev avait engagé sa crédibilité sur la théorie communiste. (...)

    Je demandai  une fois à un proche de Sarkozy ce qu’il ferait si l’euro s’effondrait avant mai 2012. Il me  répondit  tout à trac : « Combien faut-il mettre au pot pour que l’euro tienne jusque là ! ». Etonnante réponse ! Il aurait pu  dire : le président est un leader de crise, il saura bien gérer ce genre de situation. Non : le scénario d’une élection présidentielle française après un éclatement de l’euro, pour un certain establishment, est inenvisageable. (;..)

    Autre question : qu’est-ce donc qui peut mettre un terme à cette politique de sauvetage à la petite semaine  et donc  précipiter la fin de l’euro ? Une partie de la réponse réside dans le peuple grec : s’il se révolte de manière si violente  que les engagements de son gouvernement perdent toute crédibilité, peut-être la communauté internationale se rendra-t-elle à l’évidence ?
    Une autre partie se trouve chez les juristes  allemands. Certes, la  classe politique allemande  est aussi mouillée dans l’euro que la française et, même si elle a l’air de se laisser tirer l’oreille, la chancelière Merkel boira, n’en doutons pas,  le calice jusqu’à la lie,  pour les mêmes raisons que son homologue français.   Une action a toutefois été engagée devant le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe par un groupe d’économistes et de juristes hostiles à l’euro.  Le même groupe avait  déjà fait admettre à la cour suprême allemande  que le droit européen n’était  pas opposable à un certain nombre de droits fondamentaux du peuple allemand (alors qu’en France, le Conseil constitutionnel a pris le parti  inverse : rien n’est opposable au droit  européen). Il essaye maintenant de faire reconnaître, au nom du droit de propriété et donc de la stabilité de la monnaie, que l’aide à la Grèce  et aux autres PIIGS est illégale : à la fois contraire au traité de Lisbonne et au droit de propriété, car inflationniste. Jacques Sapir a  montré comment le seul moyen de sauver  encore quelque temps l’euro était de monétiser la dette des pays  les plus vulnérables et donc de   lancer l’Europe dans une spirale inflationniste. C’est ce que les Allemands  dont nous parlions  voudraient  interdire. L’affaire a été plaidée le 4 juillet. Si elle aboutit, les mains  de la chancelière seront liées.
    (...)

     

    L'absurde combat de l'Europe contre les agences de notation

    Extraits de cet article mis en ligne sur Marianne2.fr

    (...)
    L'indignation des dirigeants européens serait d'ailleurs bien plus crédible si ces derniers n'avaient, ces dernières années, constamment œuvré pour renforcer le pouvoir de ces agences. Ainsi, c'est bien lors des récents accords de Bâles (dit Bâles II), transposés en directive européenne en 2006, que les agences de notations se sont vues officiellement attribuées un rôle de régulateurs par les autorités européennes. Grâce à cette directive entrée en application le 1er janvier 2007, l'Europe a obligé les banques à tenir compte des évaluations des agences pour calculer le risque de créance et constituer leurs réserves. De fait, cette directive contraint les banques européennes à retirer de leur bilan toutes les créances dont la note est dégradée, rendant encore plus difficile le financement des États en difficulté.

    Mais, plus généralement, l'Europe est victime de l'absurdité de ses propres règles dont la logique a conduit à la privatisation de l'ensemble des systèmes de financement des États. Car si les agences de notation ont le pouvoir de mettre un État en faillite, c'est bien parce que les règles européennes actuelles imposent aux membres de l'UE de faire exclusivement appel aux institutions privées pour se financer. Ainsi, contrairement à ce qu'on trouve chez les autres puissances économiques (en particulier aux États-Unis) il est interdit à la Banque centrale européenne de financer les déficits publics. De même, la solidarité entre partenaires européens est limitée au strict minimum (rappelons au passage que les « aides » attribuées à la Grèce sont des prêts rémunérés à un taux de 4,2%). La situation européenne est absurde au point d'accorder aux banques privées un taux de refinancement public de 1,5% (taux de la BCE) tandis qu'elle interdit de facto à ces mêmes banques de prêter à moins de 5% (prix du risque oblige) aux pays qui connaissent des difficultés. Enfin, les règles actuelles de l'Union interdisent toute possibilité de fédéraliser des dettes nationales, puisque, d'après les traités, il est impossible à l'Union d'emprunter et d'émettre des obligations en son nom.

    Dans ces conditions, la colère des européens contre les agences de notation ressemble à celle d'un enfant qui, ayant construit un beau château de cartes sur une dune de sable, s'indignerait que la brise du soir puisse faire effondrer son bel édifice.

    David Cayla est économiste à l'Université d'Angers.

    mardi 25 janvier 2011

    Jean-Jacques Rosa : "La France doit sortir de l'euro"



    Jean-Jacques Rosa, économiste libéral, est professeur des Universités et consultant en microéconomie et stratégie. Il dirige le Master of Business Administration de Sciences Po qu'il a créé en 1993. Il y enseigne l'analyse des prix, des marchés, et des stratégies de la firme.
    Jean Jacques Rosa est spécialiste de théorie financière et de l'économie de l'entreprise

    vendredi 26 novembre 2010

    Campagne de l'UPR de François Asselineau pour une sortie de l'euro

    Si vous souhaitez aider l'UPR, parti dont l'objet est de sortir la France de l'Union européenne initié par François Asselineau, vous pouvez suivre l'appel lancé sur le site et participer de façon citoyenne à l'information des français :


    Tract sur la sortie de l’Euro, mode d’emploi

    Alors que le désastre économique et financier de l’euro se précise, et que les événements s’accumulent pour prouver que l’UPR est, depuis 3 ans et demi, le SEUL mouvement politique lucide et responsable capable de sauver la France du péril extrême dans lequel elle s’enfonce, il nous semble nécessaire d’accélérer notre très sensible montée en puissance et notre visibilité sur le terrain.
    Nous demandons en conséquence à tous nos adhérents et à tous nos sympathisants :
    • - de prendre connaissance du tract ci-joint qui précise le programme de l’UPR pour sortir de l’euro,
    • - de le diffuser au maximum à toutes leurs connaissances, familiales, amicales et aussi, si possible, professionnelles,
    • - pour ceux qui en ont la possibilité matérielle, d’imprimer et de photocopier [à leurs frais, hélas....] ce tract en couleurs (de préférence) ou en noir et blanc et de le diffuser tout autour d’eux, notamment aux personnes âgées qui n’ont souvent pas accès à Internet. Même quelques dizaines de tracts photocopiés peuvent être très précieux pour diffuser notre programme sur l’euro,
    • - de le diffuser sous toutes ses formes (papier et numérisé) et par tous les moyens à votre disposition (courriel, blog, réseaux sociaux, courriers, affichage, distribution, dépôt dans les lieux publics et privés,… ).
    La situation de la France s’aggrave et nous sommes là pour prouver que les Français ne vont pas laisser tomber la France.
    AUX TRACTS CITOYENS !


    Tract à télécharger.

    Source : http://www.u-p-r.fr/

    mardi 23 novembre 2010

    Sortie de l'Euro : Débat Dupont-Aignan / Benhamias

    Un spectaculaire article du Daily Telegraph : L’HORRIBLE VÉRITÉ COMMENCE À SE FAIRE JOUR SUR LES DIRIGEANTS EUROPÉENS

    “48 HEURES POUR SAUVER L’EURO” : 


    après la crise grecque et avant la future crise portugaise, la crise irlandaise est un nouveau signal de l’explosion inéluctable du processus européen.
    C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance du dernier article du journaliste britannique Ambrose Evans-Pritchard - dans le journal Daily Telegraph du 16 novembre - sur la crise irlandaise et européenne.


    Et c’est pourquoi je prends l’initiative de vous en recommander la lecture ci-infra.
    D’abord parce que son auteur est l’un des meilleurs journalistes du Royaume-Uni, et sans doute l’un des meilleurs journalistes du monde. Il continue, contre vents et marées, à faire son métier de journaliste, dans le sens le plus noble du terme. C’est-à-dire un métier d’investigation qui se fait un point d’honneur à découvrir la vérité derrière les mensonges officiels de tous les pouvoirs, puis d’en informer fidèlement et sans détours ses concitoyens, fussent-ils « sujets britanniques » dans le cas d’espèce. Pour ceux qui ont déjà vu mes conférences, Ambrose Evans Pritchard est d’ailleurs le journaliste dont je cite l’article du 17 septembre 2000 puisqu’il fut l’un des seuls, sinon le seul, à examiner les documents « Confidentiel Défense » déclassifiés à l’été 2000 par l’administration Clinton. Le journaliste du Daily Telegraph est ainsi le seul journaliste à avoir révélé que ces documents prouvaient - de façon on ne peut plus officielle - que la totalité de la construction européenne a été pilotée en sous-main par les autorités de Washington et leurs relais, tout au long des années 1950 et 1960 (les années après 1970 étant encore couvertes par le Secret Défense).
    Ensuite, l’article d’aujourd’hui m’a d’autant plus frappé qu’il m’a semblé, à plusieurs reprises, avoir été écrit par moi-même ou par l’un des adhérents de l’UPR ! Quoi que je n’aie jamais rencontré Ambrose Evans-Prichard et qu’il vive dans un pays et un milieu socioprofessionnel fort différents des miens, ce journaliste talentueux est arrivé, par son travail sans relâche et ses investigations sans complaisance, à des analyses et à des comparaisons qui sont au fond exactement les nôtres. C’est bien la preuve que l’honnêteté intellectuelle et la vérité ne connaissent pas de frontière. Et c’est aussi la preuve, très porteuse d’espoir, qu’à travers toute l’Europe des forces sont en train de se lever pour briser la dictature impitoyable qui s’est mise en place sous couvert de « construction européenne » et pour rendre aux différents peuples d’Europe leur grandeur et leur bonheur, qui ne peuvent bien entendu aller de pair qu’avec leur liberté.
    Comme on va le lire, les mots employés par Evans-Pritchard sont d’ailleurs très forts puisqu’il n’hésite pas à qualifier l’Union européenne d’organisation « proto-fasciste » et il a raison de le faire. De même qu’il a parfaitement raison de démonter – dans le cadre étroit d’un article de journal s’entend – le mécanisme absurde de l’euro, qui ne peut conduire qu’à son éclatement et à la destruction de l’Union européenne. Ceux qui ont assisté aux conférences que je fais depuis trois ans, et notamment à ma conférence sur la sortie de l’euro que j’ai faite depuis plusieurs mois, retrouveront des points communs, nombreux et évidents, avec mes propres analyses.
    Enfin, qu’il me soit permis ici de dresser un triste constat sur la disparition de la liberté de penser et de publier en France.
    Le Daily Telegraph, qui est l’un des journaux les plus anciens et les plus sérieux du monde, a fait d’Ambrose Evans Pritchard l’un de ses journalistes vedettes et lui ouvre grand ses colonnes pour publier l’article qu’on va lire. Ce journal et ce journaliste représentent à mes yeux ce qu’a de plus grand le peuple britannique : à savoir un goût inné pour le débat démocratique vrai, envers et contre tout.
    Quel poignement de cœur ne me saisit-il pas quand je pense qu’un tel article, dans un média de tout premier plan et sous la plume d’un journaliste de grand renom, est en revanche tout simplement impossible en France ! Dans le meilleur des cas, les médias français consentent de mauvaise grâce (et avec des arrière pensées calculatrices) à accorder, à dose homéopathique, un « point de vue » mal argumenté et faussement iconoclaste à telle ou telle personnalité politique connue pour son extrémisme ou pour sa complaisance avec les partis en place.
    Jamais nos grands médias n’accordent de place à des analyses (et à des grands journalistes) lucides, honnêtes, démocratiques et sereines, donc réellement convaincantes - comme celles d’Ambrose Evans-Pritchard. Le regretté Maurice Allais en savait quelque chose. J’en sais moi aussi quelque chose, et vous avec moi, puisque, nonobstant la mobilisation de tous, nous n’arrivons toujours pas à obtenir un temps d’antenne dans les émissions, pourtant prétendument iconoclastes, de MM. Taddéi ou Bourdin par exemple .
    Que chacun et chacune d’entre vous médite bien cet état d’asservissement des médias français et le fasse savoir tout autour de lui (ou d’elle). Car c’est là, principalement, que réside désormais le dernier verrou qui maintient les Français dans l’état d’hébétement qui empêche leur libération. Il est de notre devoir, à tous, de diffuser nos analyses, et aussi celles qui vont dans le même sens, comme cet article ci-après que je vous suggère de diffuser largement.
    —-
    L’article d’Ambrose Evans Pritchard auquel je fais allusion s’intitule The horrible truth starts to dawn on Europe’s leaders  et est disponible librement à la lecture en anglais sur le site Internet du Telegraph, à l’adresse http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100008667/the-horrible-truth-starts-to-dawn-on-europes-leaders/
    Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, je me suis essayé à une traduction que je vous propose ci-après. Elle ne vaut que ce qu’elle vaut et je ne prétends pas être un interprète hors pair.
    J’espère néanmoins que cette lecture vous fortifiera dans la conviction que l’UPR est le seul mouvement politique qui ait une claire conscience des très graves enjeux du moment et qui propose aux Français la voie de sortie la plus sereine et raisonnable qui soit.
    Quant à ceux qui nous critiquent, ils feraient bien de faire leur examen de conscience et d’y réfléchir à deux fois. Car le temps risque de venir vite où une sortie, en bon ordre et sans drame, de l’euro et de la funeste utopie européiste leur apparaîtra comme un moindre mal. Espérons qu’il ne sera pas alors trop tard.
    L’UPR est le seul mouvement à proposer cette sortie politique et en bon ordre. À défaut d’UPR, il se pourrait bien que tout se termine en cauchemar et dans la rue, comme semble le craindre lui-même le journaliste du Daily Telegraph.
    François ASSELINEAU
    Lundi 22 novembre 2010



    L’HORRIBLE VÉRITÉ COMMENCE À SE FAIRE JOUR SUR LES DIRIGEANTS EUROPÉENS
    C’est désormais le projet européen en entier qui risque de se désintégrer, avec des conséquences stratégiques et économiques qui sont très difficiles à prévoir.
    Dans un discours prononcé ce matin, le Président de l’Union européenne Hermann Van Rompuy (par ailleurs poète et versificateur de japonais et de latin) a mis en garde : si les dirigeants européens ne traitent pas correctement la crise actuelle et laissent la zone euro se fracturer, ils détruiront l’Union européenne elle-même.
    « Nous sommes dans une crise de survie. Nous devons tous travailler ensemble pour faire survivre la zone euro, parce que si nous n’arrivons pas à faire survivre la zone euro, nous n’arriverons pas non plus à faire survivre l’Union européenne » a-t-il lancé.
    Bien, bien. Quoi qu’il s’agisse d’un thème on ne peut plus familier aux lecteurs du Daily Telegraph, cela n’en fait pas moins un choc que d’entendre une telle confession, après toutes ces années, dans la bouche du président même de l’Europe.
    Il admet que le pari d’avoir lancé une monnaie prématurée et dysfonctionnelle, ne disposant ni d’un Trésor centralisé, ni d’une fusion des dettes nationales, ni d’un gouvernement économique pour la soutenir, - et d’avoir, qui plus est, opéré ce lancement avant que les économies, les systèmes légaux, les pratiques de négociation salariales, la croissance de la productivité, et l’élasticité des économies aux taux d’intérêt, soient parvenus à un degré de convergence suffisant du nord au sud de l’Europe – eh bien ce pari est maintenant susceptible de provoquer un horrible retour de flammes.
    Jacques Delors et ses compères fondateurs de l’Union économique et monétaire avaient pourtant été mis en garde par des économistes de la Commission, au début des années 90, que cette aventure insouciante ne pourrait pas fonctionner et qu’elle mènerait à une crise traumatisante. Ils ont écarté les avertissements.
    Ils avaient également été prévenus que les unions monétaires n’éliminent nullement les risques : elles ne font que les transformer de risques sur les devises en risques sur les défauts de paiement. C’est pour cette raison qu’il était de la plus haute importance de disposer, dès le début, d’un mécanisme en état de fonctionnement pour résoudre les défauts sur les dettes souveraines ou les coupes obligataires, avec des règles claires pour établir le prix à payer propre pour ce type de risque.
    Mais non, les maîtres de l’Union européenne n’ont rien voulu entendre. Ils ont considéré qu’il ne pourrait y avoir aucun défaut de paiement, et aucune mesure préparatoire n’a été faite, ni même autorisée, pour traiter la survenance d’une situation pourtant entièrement prévisible. À leurs yeux, la foi politique seule suffisait.
    Les investisseurs qui auraient dû être mieux informés sont tombés directement de plain pied dans le piège, en achetant de la dette souveraine grecque, portugaise et irlandaise à 25-35 points de base au-dessus des Bons du Trésor. Au plus haut du boom, les fonds achetaient des bons espagnols avec un écart de 4 points de base. Maintenant, nous voyons ce qui se produit quand vous introduisez un tel aléa dans le système, et que vous fermez en outre le thermostat d’avertissement.
    M. Delors avait raconté à ses collègues que n’importe quelle crise serait une « crise bénéfique », qu’elle permettrait à l’Union européenne de vaincre la résistance au fédéralisme fiscal et de rafler ainsi de nouveaux pouvoirs. Le but de l’union économique et monétaire était un but politique et non pas économique, et c’est pourquoi les objections des économistes pouvaient heureusement être passées par pertes et profits. Une fois que la monnaie unique existerait, les États membres de l’Union européenne abandonneraient leur souveraineté nationale pour lui permettre de fonctionner sur la durée. Elle conduirait ainsi inéluctablement au rêve de Jean Monnet d’un véritable État fédéral européen.
    Faites donc venir la crise !
    Derrière ce pari, bien sûr, il était fait l’hypothèse que n’importe quelle crise pourrait être contenue à un coût tolérable, une fois que les déséquilibres du système « même taille pour personne » typique de l’union monétaire européenne auraient déjà atteint des niveaux catastrophiques, et une fois que les bulles de crédit des pays du sud de l’Europe [baptisés le « Club Med »] et de l’Irlande se seraient effondrées. L’hypothèse était faite aussi que l’Allemagne, les Pays Bas, et la Finlande finiraient - sous l’avalanche des protestations – par se résoudre à payer la facture pour une « Transferunion ». [Union européenne fondée sur le transfert des richesses entre États membres].
    Il se pourrait bien que nous soyons amenés à vérifier bientôt si ces deux hypothèses étaient correctes. Loin de lier tous ensemble les pays d’Europe, l’union monétaire mène à l’acrimonie et aux récriminations mutuelles. Nous avons assisté à une première éruption en début d’année, lorsque le vice Premier ministre grec a accusé les Allemands d’avoir volé l’or grec des chambres fortes de sa banque centrale et d’avoir tué 300.000 personnes sous l’Occupation nazie.
    La Grèce est maintenant sous protectorat de l’Union européenne, ou plus pudiquement sous « Mémorandum » puisque c’est ainsi qu’on l’appelle. Ce qui a donné naissance à des attaques terroristes piqûres d’épingle contre quiconque est lié de près ou de loin aux pouvoirs européens. L’Irlande et le Portugal sont un peu plus loin en arrière sur cette route qui conduit à la servitude, mais ils sont déjà confrontés à des politiques dictées directement depuis Bruxelles et ils seront bientôt placés à leur tour sous des protectorats formels, et ce dans tous les cas.
    L’Espagne a plus ou moins été forcée de réduire les salaires de la fonction publique de 5% pour se conformer aux exigences de l’Union européenne faites en mai. Tous doivent se plier au programme européen d’austérité, sans pouvoir compter sur le soulagement compensateur d’une dévaluation ou d’une politique monétaire plus accommodante.
    Si tout cela continue l’année prochaine, avec un chômage à un niveau record de dépression ou même continuant à grimper encore plus haut, il va commencer à devenir important de s’interroger sur qui a la « propriété » politique sur l’ensemble de ces politiques. Est-ce vraiment le fruit d’un consentement pleinement démocratique ? Ou bien ces souffrances sont-elles imposées par des chefs suprêmes étrangers dans un but purement idéologique ? Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre ce que tout cela va faire pour que tout le monde se mette d’accord en Europe.
    Mon opinion personnelle est que l’Union européenne est devenue illégitime lorsqu’elle a refusé d’accepter le rejet de la Constitution européenne par les électeurs français et néerlandais en 2005. Il ne pouvait y avoir aucune justification pour faire revivre ce texte, sous l’appellation de Traité de Lisbonne, et le faire adopter de force par une procédure parlementaire sans référendums, dans ce qui n’était au fond rien d’autre qu’un putsch autoritaire. (Oui, les parlements nationaux sont eux-mêmes élus – il n’est pas utile de m’adresser des commentaires indignés pour le souligner ; mais quel fut le motif pour que les gouvernements français et néerlandais refusent à leurs propres peuples de revoter dans ce cas précis ? Les chefs élus peuvent aussi violer la démocratie. Il y avait une fois un caporal autrichien…. mais n’entrons pas là dedans).
    L’Irlande était le seul pays obligé par sa Constitution à organiser un référendum. Quand cet électorat seul a également voté Non, l’Union européenne a de nouveau négligé le résultat et a intimidé l’Irlande pour qu’elle vote une deuxième fois afin d’obtenir le « bon vote ».
    C’est le comportement d’une organisation proto-Fasciste. C’est pourquoi, si l’Irlande - par une ironie de l’histoire et au nom d’une rémunération méritée – enclenche maintenant la réaction en chaîne qui va détruire la zone euro et l’Union européenne, il sera difficile de résister à la tentation d’ouvrir une bouteille de whiskey de Connemara afin de savourer le moment. Mais il faudra résister à cette tentation. Car le cataclysme ne sera pas joli.
    Ma pensée personnelle, pour tous ces vieux amis qui travaillent toujours pour les institutions de l’Union européenne, est de savoir ce qui va arriver à leurs euro-retraites si ce qu’annonce M. Van Rompuy se vérifie.
    Ambrose EVANS PRITCHARD
    Daily Telegraph
    16 novembre 2010