samedi 29 octobre 2011

Bilan essentiel d'Aymeric Chauprade sur la stratégie du chaos de l'Otan en Lybie


Quelques extraits de l'excellent carnet de bord d'Aymeric Chauprade, (mais il est vivement recommandé de lire le tout à sa source) :

La France a dépensé 300 millions d’euros (au moins…) pour installer la Charia en Libye.

Selon le CNT (Conseil National de Transition, organe de la rébellion libyenne), cette guerre aura fait 30 000 morts. Attardons-nous un moment sur ce chiffre. En supposant seulement que tous ces morts aient été causés par les attaques aériennes, soit 9650 attaques aériennes, cela fait une moyenne d’un peu plus de 3 morts par attaque aérienne. Si tel est le cas, il ne faut même plus parler de frappes chirurgicales, mais de frappes microchirurgicales et d’une guerre qui aurait atteint un niveau de propreté (ou d’inefficacité ?) inégalé. Rien qu’en considérant donc les seules offensives aériennes, le bilan du CNT n’est pas crédible. 

La réalité dépasse sans doute les 100 000 morts… et une Libye dévastée. 

Deuxième élément : le bilan politique. La mort de Kadhafi et de son fils, à l’évidence tous deux achevés après avoir été dégradés (le Guide de la Révolution libyenne a même été sodomisé à l’aide d’un bâton par la foule vociférant ; il semble toutefois que dans cette affaire il n’ait pas été le seul à l’être, n’est-ce pas messieurs les donneurs de leçon européens ?), outre le fait qu’elle en dit long sur le degré de civilité de nos démocrates libyens installés par l’OTAN, ouvre incontestablement une nouvelle ère politique dans laquelle les deux maîtres mots seront « chaos » et « islamisme ».

Le lendemain, 24 octobre, après ce moment d’euphorie des « puissances démocratiques », le président du CNT, 
Moustapha Abdeljalil (le « héraut » démocrate de BHL, celui, qui, en sa qualité de président de la cour d’appel de Tripoli et par deux fois, avait confirmé la peine de mort pour les infirmières bulgares lorsqu’il servait le chef libyen, avec la plus grande servilité faut-il le rappeler)
, déclarait, dans un discours enflammé, que la charia serait la nouvelle constitution, que la polygamie serait réintroduite, que le divorce voulu par les femmes serait interdit (rappelons que le régime de Kadhafi avait interdit la polygamie et autorisé le divorce pour les femmes). Au printemps dernier, ce brave Abdeljalil, reçu en grandes pompes à l’Elysée, avait sans doute omis de préciser à Sarkozy et BHL qu’il était lui-même polygame et que sa deuxième épouse, ça ne s’invente pas, s’appelait… charia.

Le plus drôle (ou triste, au choix) tient sans doute aux contorsions de nos journalistes (...) J’ai même entendu un journaliste de France Info soutenir que le retour de la polygamie en Libye serait peut-être un bienfait pour toutes ces veuves privées de mari après la guerre. 

 le CNT a oublié de comptabiliser les charniers de ses propres assassinats de masse. 


 loin d’être inhumés selon la règle de base de l’islam, les corps de Muammar et de Mouatassim Kadhafi, capturés vivants mais achevés d’une balle dans la tête et la poitrine après avoir été lynchés, ont été exposés au moins 4 jours à la vue de milliers de Libyens. Kadhafi et son fils ont en effet été enterrés dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 dans un lieu tenu secret et ceci 5 jours après leur mort !

Kadhafi (comme Saddam Hussein et Oussama Ben Laden) ne devait pas survivre. Sa puissance financière, même prisonnier, lui aurait donné la capacité de révéler ce que tous les donneurs de leçons démocratiques qui s’étaient mis en tête de lui faire la peau ne voulaient surtout pas qu’il révèle : leurs turpitudes, leurs compromissions avec son régime dans les années passées, l’appétit immense qu’ils avaient montré pour son argent et pétrole. 
Kadhafi avait acheté au moins autant d’hommes politiques et de décideurs économiques européens qu’il avait acheté de chefs de tribus en Libye. Ce secret, Kadhafi devait l’emporter avec lui. 

Ce même jour, à Moscou, Sergueï Lavrov s’interrogeait sur la légalité de la frappe de l’OTAN contre le convoi du Guide libyen. « Nous nous intéressons notamment aux actes de l’OTAN du point de vue de la législation internationale » ; en effet, 
les frappes aériennes étaient autorisées par le Conseil de Sécurité de l’ONU uniquement pour faire respecter la zone d’exclusion aérienne et protéger les civils. En l’espèce, ce fut un convoi qui n’attaquait personne (il était même en fuite) qui a été visé. 

J’ajouterai aux éléments soulevés par la diplomatie russe, un détail intéressant et qui nous montre à quel point le domaine de la guerre de l’information est maîtrisé par les Américains. Dans l’iconographie qui représente l’attaque de l’OTAN, telle que livrée dans la presse américaine, deux véhicules militaires blindés ont été ajoutés au convoi. Or, plusieurs autres photos prises sous un angle qui donne à voir la totalité du convoi montrent que celui-ci n’était composé en fait que de 4×4 civils. L’OTAN, disposant sans doute d’une information selon laquelle Kadhafi était dans ce convoi (venait-elle des services allemands particulièrement bien informés comme le laisse penser les révélations du Spiegel ?) a donc bien pris pour cible un convoi purement civil.

Le dépassement du mandat est en réalité bien plus profond que le bombardement du convoi. Le 26 octobre, le Qatar ne se cachait plus quant à la participation de centaines de soldats de son armée aux opérations militaires au sol, aux côtés des rebelles. Ces militaires qui parlent l’arabe faisaient en fait la jonction entre la planification occidentale et les rebelles exécutants. 
(...)
Deuxièmement, les Russes ne se sont pas contentés de rappeler le droit international, ils ont rappelé les conventions de Genève quant au traitement des prisonniers de guerre. 

Kadhafi était en effet vivant, comme son fils d’ailleurs, quand ils ont été capturés. Le camp de l’OTAN a donc exécuté purement et simplement des prisonniers de guerre.
 (...)
Quatrième dimension du bilan : la situation sécuritaire en Libye et dans tout le Sahara.
Le lendemain de la mort de Kadhafi, des responsables de l’ONU ont insisté sur le fait qu’
une partie conséquente des stocks d’armes du Guide libyen devait être entre les mains des rebelles du Darfour, des membres d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et d’autres guérillas encore. 
Le représentant spécial de l’ONU pour la Libye, Ian Martin, estime que le régime de Kadhafi a accumulé un stock immense de missiles anti-aériens. L’ONG Human Rights Watch estime que l’OTAN a échoué à sécuriser ces stocks et que des milliers de missiles sol-air (notamment des SA-24 de fabrication russe avec lesquels des groupes mal intentionnés peuvent abattre un avion civil au décollage ou à l’atterrissage) sont dispersés dans le Sahara.
Plusieurs journalistes ont témoigné mercredi 26 octobre qu’un arsenal d’

une dizaine de milliers de tonnes de munitions de l’armée libyenne était livré à lui-même, sans surveillance, dans le désert à une centaine de kilomètres de Syrte.

En résumé, le Sahara est sans dessus dessous, et les Américains vont donc pouvoir prétexter de ce nouveau chaos pour accélérer leur coopération sécuritaire avec tous les Etats de la région. 
C’est ce qu’ils ont fait le 24 octobre en Algérie à propos de leur « préoccupation » quant au trafic d’armes. 
(...)
Bon bilan donc pour les États-Unis : la politique américaine du désordre mondial visant à affaiblir les compétiteurs de la multipolarité (Européens, Russes, Chinois…) s’amplifie. L’islamisme se renforce sur l’autre rive de la Méditerranée. Ce sont les Européens, les Français donc, mais aussi les Italiens, les Espagnols et tous les autres qui vont en subir les conséquences.
Bagdad, Belgrade, Tripoli… Depuis l’effondrement de l’URSS, les Européens ne cessent de se tirer des balles (américaines) dans le pied. Il est temps que la mondialisation américaine s’effondre définitivement, emportée par la folie destructrice de son système financier, afin qu’un nouvel monde multipolaire, fondé sur la souveraineté des Européens et des autres puisse enfin voir le jour.

Vladimir Poutine sur l'assassinat de Mouammar Kadhafi


« Toute la famille de Kadhafi a été tuée, son cadavre a été montré sur toutes les chaînes internationales. Il est impossible de regarder cela sans être dégoûté. C’est quoi tout ça ? » « Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (…) et on exhibe  tout ça sur les écrans » « Des millions de gens regardent ces images y compris des enfants, ce ne sont pas des dessins animés ».

vendredi 28 octobre 2011

Jacques Sapir descend l'accord pour sauver l'euro : "le pire accord possible"

Extraits d'un article de Jacques Sapir sur marianne2.fr



L'accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l'agonie de l'Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l'indépendance économique de l'Europe et son futur à moyen terme. C'est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.
Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l'indépendance de l'Europe sur l'autel d'un fétiche désigné Euro.

 (...)

3. La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. (...) Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« credit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus,  
ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !



4. L'appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu'ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manoeuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que 

ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. 

(...)


 
5. L'engagement de Berlusconi à remettre de l'ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d'austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.
 

6. La demande faite à l'Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d'austérité qui ont été exigés de ce pays.



7. L'implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l'oeil de Washington nous surveillera un peu plus... L'Europe abdique ici son « indépendance ».


Les piètres conclusions que l'on peut en tirer...
- Les marchés, après une euphorie passagère (car on est passé très près de l'échec total) vont comprendre que ce plan ne résout rien. La spéculation va donc reprendre dès la semaine prochaine dès que les marchés auront pris la mesure de la distance entre ce qui est proposé dans l'accord et ce qui serait nécessaire.
- Les pays européens se sont mis sous la houlette de l'Allemagne et la probable tutelle de la Chine. C'est une double catastrophe qui signe en définitive l'arrêt de mort de l'Euro. En fermant la porte à la seule solution qui restait encore et qui était une monétisation globale de la dette (soit directement par la BCE soit par le couple BCE-FESF), la zone Euro se condamne à terme. En recherchant un « appui » auprès de la Chine, elle s'interdit par avance toute mesure protectionniste (même Cohn-Bendit l'a remarqué....) et devient un « marché » et de moins en moins une zone de production. Ceci signe l'arrêt de mort de toute mesure visant à endiguer le flot de désindustrialisation.
- Cet accord met fin à l'illusion que l'Euro constituait de quelque manière que ce soit une affirmation de l'indépendance de l'Europe et une protection de cette dernière.
 
Les conséquences de cet accord partiel seront très négatives. Pour un répit de quelques mois, sans doute pas plus de six mois, on condamne les pays à de nouvelles vagues d'austérité ce qui, combiné avec le « credit crunch » qui se produira au début de 2012, plongera la zone Euro dans une forte récession et peut-être une dépression. Les effets seront sensibles dès le premier trimestre de 2012, et ils obligeront le gouvernement français à sur-enchérir dans l'austérité, provoquant une montée du chômage importante. Le coût pour les Français de cet accord ne cessera de monter. 


Politiquement, on voit guère ce que Nicolas Sarkozy pourrait gagner en crédibilité d'un accord où il est passé sous les fourches caudines de l'Allemagne en attendant celles de la Chine. Ce thème sera exploité, soyons-en sûrs, par Marine Le Pen avec une redoutable efficacité. Il importe de ne pas lui laisser l'exclusivité de ce combat.



La seule solution, désormais, réside dans une sortie de l'euro, qu'elle soit négociée ou non.

dimanche 25 septembre 2011

Jacques Sapir rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position américaine vis à vis de l'euro

Voici un extrait d'un article de Jacques Sapir publié sur marianne2.fr au sujet de la fin prochaine de l'euro :


Nombreux sont ceux qui pensent que la crise de l’Euro réjouit les dirigeants américains. Ils se trompent lourdement. Un Euro affaibli politiquement mais présent, concentrant pour plusieurs années encore l’attention des spéculateurs internationaux et freinant le développement des économies européennes, est bien la meilleure situation pour les dirigeants de Washington. C’est bien pourquoi ces derniers multiplient les initiatives pour forcer la main des pays européens et pour que soit mis en place un nouveau plan de sauvetage de la crise en Grèce.

Ainsi, pour des raisons aussi diverses qu’il y a de pays concernés, des deux côtés de l’Atlantique les dirigeants affirment leur volonté de défendre l’Euro. Mais les faits sont têtus ! Et quand on les méprise, ils se vengent.

Ainsi, Jacques Sapir (certainement l'économiste français le plus pertinent sur la crise de l'euro) rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position que les Etats-Unis ont vis à vis de la crise de l'euro.


On a beaucoup dit que les USA avaient tout intérêt à l'implosion de l'euro qui remettrait en cause le statut du dollar (sur cette thèse lire "La fin du dollar : Comment le billet vert est devenu la plus grande bulle spéculative de l'histoire" de Myret Zaki) si ce point de vue n'est peut être pas entièrement erroné, force est de constater que l'équivoque subsiste.
En effet, comme l'a relevé Asselineau, des documents déclassifiés du gouvernement américain révèlent au contraire l'appui - en coulisse - des USA au mouvement d'union européenne. 
Ainsi voici ce que releva Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph
The head of the Ford Foundation, ex-OSS officer Paul Hoffman, doubled as head of ACUE in the late Fifties. The State Department also played a role. A memo from the European section, dated June 11, 1965, advises the vice-president of the European Economic Community, Robert Marjolin, to pursue monetary union by stealth.

It recommends suppressing debate until the point at which "adoption of such proposals would become virtually inescapable".

Ainsi il existe une stratégie américaine de longue date visant à imposer "furtivement", "sans débat", l'adoption d'une monnaie unique. La récente présence de Tim Geithner aux côtés des ministres des finances de l'eurozone en Pologne (grossière ingérence acceptée par les dirigeants européens : imaginez que l'inverse se produise!) le confirme. 


Tout ceci confirme encore une fois le "stratagème des chaînes" des USA dans leur promotion de l'UE.

Eurokritik

samedi 3 septembre 2011

Alain Juppé (mi-homme, mi-marionette) n'a honte de rien.

Au sujet de la Libye, voici une déclaration de notre marionnette des affaires étrangères :


« Quand on m'interroge sur le coût de l'opération – le ministère de la Défense parle de 1 million d'euros par jour – je fais remarquer que c'est aussi un investissement sur l'avenir. Les ressources du pays ont été confisquées par Kadhafi qui a accumulé les stocks d'or. Cet argent doit servir au développement de la Libye ; une Libye prospère sera un facteur d'équilibre pour la région ».

Le grand projet du gouvernement français est donc de restituer les ressources libyennes au peuple libyen spolié par Kadhafi ?!
Trois lettres permettent de vérifier si, comme le dit Juppé, les ressources libyennes n'ont pas profité au peuple : l'IDH
L'indice de développement humain, indice synthétique créé par Armatya Sen et utilisé par le PNUD, le programme des nations unies pour le développement est un indicateur bien plus légitime que le PIB pour mesurer le bien-être économique et social d'une population. Il prend en effet en compte comme éléments :
  • la santé / longévité
  • le savoir / niveau d'éducation
  • le niveau de vie
 Voici une carte du monde indiquant l'IDH (basée sur les résultats de 2010 publié le 4 novembre 2010 :

On voit sur cette carte que la Libye est le pays d'Afrique ayant le plus haut indice de développement humain.
Le simple fait que la Libye possède l'indice de développement humain le plus élevé en Afrique vient démentir l'affirmation de Juppé.
Voici ce que dit le géopoliticien Aymeric Chauprade à ce sujet : 

"nonobstant les incontestables frasques de Kadhafi, l’OTAN vient encore d’abattre un régime qui avait porté le niveau d’éducation et de développement de son peuple au sommet des pays arabes (taux d’alphabétisation de 82% soit le plus élevé en Afrique du Nord), où tous avaient accès à une eau et une électricité gratuite, où le niveau d’endettement de l’État était l’un des plus faibles du monde (dette publique de 3,3% du PIB contre 85% en France), où chaque étudiant qui voulait faire ses études à l’étranger bénéficiait d’une bourse généreuse de plus de 1600 euros par mois… et j’en passe encore. Aucun pays arabe n’avait atteint un tel niveau de bien-être social et économique. Bien sûr que le régime présentait aussi un visage odieux ! Qui dira le contraire ? Je ne suis pas dupe quant à la cruauté des traitements qui pouvaient être infligés aux opposants. Mais je ne suis pas dupe non plus sur la nature première d’une rébellion qui n’avait rien à voir avec un soulèvement général du peuple comme en Tunisie ou même en Égypte. Il s’agissait d’une rébellion ancienne, localisée à l’Est, dans ses bastions de la Cyrénaïque, qui avait été réprimée encore plus durement qu’elle ne le fut au début de 2011, lorsque, par le passé, le monde occidental soutenait sans scrupule Kadhafi.
Mais comment contester que Kadhafi, plus que d’autres, avait réinvesti la rente pétrolière dans le développement et protégé la souveraineté de ses ressources face aux appétits étrangers ?"

Négationnisme sur l'histoire de France : Clovis, Louis XIV, Napoléon etc.


Sous occupation américaine, connaître son histoire de France devient un acte de résistance. Culture ou ignorance servile ? A vous de choisir.

video

Le projet Rivkin : Comment les Etats-Unis utilisent le multiculturalisme pour assujettir la France

vendredi 2 septembre 2011

François Asselineau et l'UPR dévoilent la haute trahison d'Europe Ecologie

Voici la partie que l'UPR a consacré à Europe Ecologie dans son dossier sur les logos des partis politiques. La qualité de l'analyse dépasse de loin ce que l'on trouve habituellement dans le journalisme politique français, et pour cause !

QUOI DE PLUS EUROPÉISTE ET ANTI-RÉPUBLICAIN QUE LE LOGO DE EELV ?

« Europe Écologie Les Verts » (EELV) est le nouveau nom officiel du parti « Verts » depuis le 13 novembre 2010.
Ce changement a été décidé en même temps qu'un changement de statuts, qui a permis le regroupement des « Verts » avec les militants venus dans le cadre des listes « Europe Écologie » des élections européennes de 2009 et régionales de 2010.

 
En même temps qu'il a changé de nom, le parti écologiste a aussi changé de logo. Le logo de EELV représente un fond vert prairie uniforme, sur lequel se détachent les deux tiers d'une fleur de tournesol à gauche, trois étoiles jaune d'or à droite, et l'intitulé du parti (en vert sombre et blanc) au centre.
Si l'on y réfléchit un instant, il n'est pratiquement pas possible de réaliser un logo plus contraire à toute nos traditions républicaines. En effet : 

 
1°) il utilise comme à plaisir les couleurs complémentaires de celles du drapeau de la République française :
le jaune d'or est la couleur complémentaire du bleu marine ;
le vert prairie est la couleur complémentaire du rouge profond.
(Rappel : les couleurs sont dites « complémentaires » lorsque leur mélange produit une absence de couleur : blanc, gris ou noir. Sur le « cercle chromatique », ce sont les couleurs situées aux extrêmes opposés).


Ce choix de couleurs qui s'inscrit en contrepoint de notre tradition nationale et républicaine s'explique par le fait que le logo de EELV est la reprise du logo inventé par les Verts allemands en 1990, voici 21 ans, et copié depuis lors par un certain nombre de partis écologistes à travers le monde (cf. ci-fra).
 
2°) le logo de EELV fait figurer trois étoiles d'or, symboles de l'Europe.
Ce choix symbolique appelle 4 remarques :
  • 2.1. - ces trois étoiles jaune d'or ont un dessin légèrement enfantin pour qu'il soit bien clair dans l'esprit du public que EELV se réfèrent aux étoiles du drapeau européen et non à l'étoile d'or du communisme. On doit donc reconnaître à EELV le souci de lever cette ambiguïté symbolique, dans laquelle se complaît en revanche le Front de Gauche, comme on le verra ci-après.
2.2 - ce dessin est en parfaite conformité avec le fait que EELV est le seul parti politique français dont le nom comporte le mot « Europe ».
  • 2.3. - en termes symboliques, ces étoiles d'or constituent la négation même de la souveraineté populaire. Elles symbolisent le retour de la « souveraineté céleste », c'est-à-dire d'un Idéal, prétendument supérieur, qui doit s'imposer à la volonté du peuple. Comme nous l'avons longuement analysé dans la conférence sur l'Histoire de France, ces étoiles d'or s'inscrivent dans la filiation symbolique des fleurs de lys d'or de la Royauté, des abeilles d'or de l'Empire, des étoiles d'or de la France de Pétain, et des étoiles d'or du drapeau européen.
2.4. - le fait que le logo de EELV arbore des étoiles d'or est une exception parmi tous les partis écologistes d'Europe.  
  • C'est un point très important : la proclamation de foi pro-européenne de EELV est tellement mise en avant par M. Cohn-Bendit, et si généreusement relayée par les médias, que 
l'écrasante majorité des électeurs français ont fini par se convaincre que l'écologie allait nécessairement de pair avec une foi européiste ardente. 
  • Or cette présentation des choses mérite d'être très largement nuancée.
 
L'ULTRA-EUROPÉISME DE EELV EST UNE EXCEPTION CHEZ LES ÉCOLOGISTES
 
D'une part, les partis écologistes sont marginaux, voire inexistants, dans plusieurs États-membres de l'UE (inexistant en Lituanie, anecdotiques en Roumanie, en Hongrie, en Bulgarie, en Slovaquie...)
D'autre part, même si presque tous ces partis ont adhéré à une « Fédération européenne des Partis verts » qui se veut l'embryon d'un futur « Parti vert européen » (« European Greens Party »), le degré d'engagement européen et la priorité accordée à cette thématique varie très fortement selon les partis et les pays. 
Dans la plupart des autres pays d'Europe, les partis écologistes ne se focalisent pas du tout sur la construction européenne mais sur l'énergie nucléaire, la qualité de vie, la sécurité alimentaire, la santé des consommateurs, les thérapies alternatives, les droits des femmes et des minorités, la liberté des politiques Internet, le commerce équitable et la paix dans le monde.
C'est en France que le parti EELV se distingue comme étant le plus farouchement européiste. 
Pour s'en convaincre, il suffit d'ailleurs de comparer les logos des principaux partis écologistes européens, récapitulés ci-après :





Comme on le remarque :
=> EELV est L'UN DES DEUX SEULS partis écologistes, avec le parti écologiste slovène, à avoir intégré le mot « Europe » dans sa dénomination. Dans tous les autres cas, la présentation du parti est purement nationale.
=> le parti français EELV est LE SEUL parti écologiste en Europe à avoir inclus des étoiles d'or, symboles de l'Union européenne, dans son logo. Il est intéressant de noter en particulier :
  • - que les Verts allemands (die Grünen), dont M. Cohn-Bendit fait si grand cas, n'ont nullement adopté ces étoiles d'or. La construction européenne n'est pas l'objectif essentiel des Verts allemands,
  • - que les écologistes britanniques du Green Party arborent un logo qui représente une mappemonde avec les États-Unis en surplomb. La construction européenne n'est pas non plus, loin de là, l'objectif essentiel des Verts britanniques,
  • - que les Italiens de la Federazione dei Verdi consacrent la partie inférieure de leur logo au drapeau pacifiste arc-en-ciel PACE.  
Cela prouve a contrario que la Paix dans le monde n'est pas le souci principal du parti français EELV. Cette absence d'intérêt réel porté par EELV au pacifisme n'est jamais soulignée par nos médias. 
  • Elle est néanmoins frappante si on la compare à l'attitude de nombreux autres partis écologistes en Europe, beaucoup plus engagés et actifs sur ce thème. Nous en avons eu récemment une nouvelle illustration, lorsque M. Cohn-Bendit et Mme Joly ont approuvé la guerre déclenchée par l'OTAN en Libye.
 
=> la désunion règne chez les écologistes dans plusieurs pays : il y a deux partis écologistes en Belgique (un francophone et un néerlandophone), deux aux Pays Bas, deux au Royaume-Uni (avec un parti spécifiquement écossais). Le cas est d'ailleurs également vrai en France avec la Confédération des Écologistes indépendants.
=> il faut enfin souligner le caractère volontiers eurosceptique des partis écologistes scandinaves, et en particulier le cas du parti écologiste danois De Grønne.
 
LE CAS TRÈS INSTRUCTIF DES ÉCOLOGISTES DANOIS DU PARTI DE GRØNNE
Ce parti a été exclu du « European Greens Party » en 2008, du fait de son alliance avec le « Mouvement Populaire contre l'UE » (Folkebevægelsen mod EU ), association politique danoise qui appelle - à l'instar de l'UPR - le peuple danois à se rassembler au-dessus du clivage droite-gauche pour faire sortir le Danemark de l'Union européenne.
Pour bien comprendre la signification de l'exclusion des Verts danois du « European Greens Party », il faut se reporter à la page programmatique de leur site Internet, et en particulier à leur programme concernant la Politique étrangère (« Udenrigspolitik »en danois), dont voici la saisie d'écran [http://www.groenne.dk/side.asp?Id=23600] :



La traduction du texte en danois apparaissant sur cette saisie est la suivante :
Politique étrangère
[Photo : une école vétuste au Ghana]
Les Verts [danois] sont en faveur d'une politique étrangère fondée sur la paix et le désarmement, mais nous ne sommes pas des pacifistes à tout prix. Nous condamnons la philosophie du renforcement militaire sous couvert de dissuasion, qu'elle soit conventionnelle ou nucléaire.
Nous sommes pour une cessation définitive de l'exploitation des pays en développement. La subsistance de chaque pays devrait rechercher, dans la mesure du possible, un certain équilibre écologique et indépendant.
Nous voulons promouvoir la coopération internationale à travers l'ONU, sans la domination d'une quelconque superpuissance. Les Nations Unies doivent respecter le fait que chaque pays, conformément à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et dans les limites de l'environnement mondial, a le droit et la responsabilité de résoudre ses propres problèmes de manière indépendante. Par conséquent, les Verts se sont opposés à l'Union européenne (UE) et préconisent que le Danemark en sorte.

Ce texte révèle que le parti vert danois a un programme éminemment pacifique, hostile à toute hégémonie, et respectueux de tous les peuples du monde, et que c'est la raison pour laquelle il condamne l'Union européenne. Et c'est précisément ce programme qui lui a valu son exclusion de « European Greens Party » où M. Cohn-Bendit, par ailleurs l'un des principaux dirigeants de EELV, joue un rôle souvent décisif.
Cet épisode révèle mieux que de longues analyses à quel point le parti politique Europe Écologie Les Verts (en abrégé EELV) ne s'occupe pas seulement d'écologie, tant s'en faut ! Il développe également, et même surtout, des idées très précises en matière européenne, diplomatique et géopolitique.
 
L'ATTITUDE CONSTANTE D'EUROPE-ÉCOLOGIE-LES VERTS : AFFAIBLIR LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, RENFORCER L'ALLEMAGNE ET LES ÉTATS-UNIS, À CHAQUE FOIS QUE L’OCCASION SE PRÉSENTE

Ce sont justement ces idées qu'il faut regarder de près. Or, quiconque veut bien étudier les prises de position de EELV en matière diplomatique et géopolitique sur la durée peut constater qu'elles ont toujours les mêmes points communs :
  • - affaiblir systématiquement la position de la République française,
  • - dénigrer systématiquement l'image que les Français ont de leur propre pays,
  • - favoriser tout aussi systématiquement l'Allemagne ou les États-Unis.
Parmi bien d'autres exemples, nous en citerons trois principaux :
 
1°) - EELV VEUT QUE LE DÉFILÉ DU 14 JUILLET NE SOIT PLUS UN DÉFILÉ MILITAIRE.
Mme Eva Joly a lancé cette proposition, attentatoire à deux siècles de notre histoire, à l'occasion du 14 juillet 2011. Elle l'a fait, bien entendu, en présentant le défilé militaire français comme une vieillerie ridicule et anormale, et en dressant un parallèle avilissant entre la République française et le régime nord-coréen.
Comme nous l'avons déjà souligné, la très hypocrite Mme Joly avait cependant approuvé, quelques jours auparavant, l'intervention militaire française en Libye, pour le plus grand profit de l'OTAN et des grands groupes pétroliers. En somme, elle ne supporte pas de voir des avions de chasse survoler pacifiquement les Champs Élysées le 14 juillet, mais elle applaudit à l'idée qu'ils bombardent des populations civiles 2.000 km plus au sud.

2°) - EELV VEUT QUE LA FRANCE PARTAGE SON SIÈGE DE MEMBRE PERMANENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU AVEC L'ALLEMAGNE.
Cette proposition a été faite par M. Cohn-Bendit, à de nombreuses reprises et depuis des années. Elle figure expressément dans la notice Wikipédia de EELV. Les dirigeants de EELV jugent donc très important et très prioritaire de permettre à l'Allemagne d'avoir accès au statut de grande puissance mondiale tout en affaiblissant le statut de la France obtenu en 1945.
Il est intéressant de noter que cette proposition n'a rien de spécialement européen : EELV veut que la France partage son siège avec l'Allemagne, mais elle ne le propose pas avec l'Italie, ni avec l'Espagne, ni avec la Pologne, ni avec le Portugal, ni avec l'UE.
=> Et pourquoi donc ?
=> Pourquoi, pendant qu'elle y est, EELV ne formule-t-elle pas de proposition de partage sur le siège permanent détenu au Conseil de Sécurité de l'ONU par le Royaume-Uni ?
 
On imagine sans peine les motifs invoqués à l'appui de cette proposition de EELV. On entend déjà ses responsables nous expliquer que la France serait « franchouillarde », que nous manquerions de « solidarité européenne », que nous « pèserions davantage » si notre siège de membre permanent représentait deux États importants, que ce serait une « avancée formidable », en attendant d'étendre ledit siège onusien de grande puissance à l'Union européenne au grand complet, etc.
Il n'en demeure pas moins que, sauf pour les esprits qui refusent de regarder les choses honnêtement et lucidement, le « tri sélectif » d'un genre très spécial auquel EELV procède entre les États de l'UE, et sa priorité donnée à une pareille préoccupation géopolitique, sont l'un et l'autre extrêmement étranges pour un parti « écologiste ».
Du reste, si l'on y réfléchit un instant, la proposition de M. Cohn-Bendit et de EELV signifie que la France ne serait plus vraiment légitime à détenir un rang de grande puissance, tandis que l'Allemagne serait parfaitement légitime à le revendiquer pour elle.
=> Comment le parti EELV peut-il justifier cette proposition d'auto-abaissement de la France consentie contre rien ?
=> Comment les dirigeants de EELV ne perçoivent-ils pas qu'un tel projet de sabordage gratuit choque d'autant plus que son inspirateur, M. Cohn-Bendit, est de nationalité allemande, et non pas française ?


Ci-dessus : le Conseil de Sécurité de l'ONU est l'instance suprême du droit international. Il a « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales » et dispose pour cela de pouvoirs spécifiques tels que l'établissement de sanctions internationales et l'intervention militaire. Certaines de ses décisions, appelées résolutions, ont force exécutoire et les États Membres de l'ONU s'engagent théoriquement à les appliquer.

Le Conseil de sécurité est composé de 15 membres. Grâce à Charles de Gaulle, la France y détient un siège de membre permanent avec droit de veto, comme les 4 autres grandes puissances sorties victorieuses de la Deuxième Guerre mondiale : États-Unis, Royaume-Uni, Russie et Chine. Le Japon, l'Allemagne et l'Italie, qui étaient les puissances battues en 1945, n'ont pas de siège permanent. Les 10 autres États ne sont pas permanents mais élus pour une durée de 2 ans et n'ont pas de droit de veto.
C'est grâce à son siège permanent que la France de Jacques Chirac a fait obstacle à l'approbation par l'ONU de la Guerre en Irak en 2003. 
Cela n'a pas empêché les États-Unis et la coalition occidentale d'attaquer l'Irak mais ils l'ont fait en violant le droit international, ce qui leur a valu un opprobre planétaire et un immense - mais hélas passager - regain de sympathie mondiale pour la France.
Les États-Unis agissent depuis de nombreuses années en coulisses pour que la France perde ce siège permanent qui peut les mettre en position difficile 
(si le pouvoir à Paris n'est pas leur marionnette comme actuellement). L'une des idées mises en avant est que la France cède son siège à l'Union européenne. Compte tenu du poids déterminant de Washington sur l'UE, cela reviendrait à donner une sorte de deuxième siège permanent aux États-Unis.
Une chose est sûre : la proposition de M. Cohn-Bendit et d'EELV ne déplaît donc sûrement pas aux stratèges américains.
La proposition de EELV est encore plus grave si l'on cesse de l'examiner sous l'angle des boniments européistes habituels pour la replacer sous la lumière crue du contexte géopolitique impitoyable d'aujourd'hui.
Car si l'on met de côté les lendemains qui chantent de la propagande européiste, la réalité la plus tangible, c'est que l'Allemagne constitue l'allié N°1 des États-Unis en Europe. Qu'elle est l'un des piliers essentiels de l'OTAN en Europe continentale. Et qu'elle a signé avec les États-Unis une « Alliance Stratégique pour le XXIe siècle » (Cf. photo ci-dessous : le Président américain George W. Bush et le Chancelier d’Allemagne SPD Gerhard Schröder signent, le 27 février 2004 à la Maison Blanche, l'Alliance stratégique entre les deux pays : Das deutsch-amerikanische Bündnis für das 21. Jahrhundert ) :


Ce document essentiel, qui a été de nouveau entériné par la nouvelle Chancelière CDU, Mme Merkel, le 13 janvier 2006, précise que cette alliance germano-américaine s'inscrit dans une stratégie d'alliance transatlantique de plus en plus étroite : « Nous renforçons notre attachement à l’égard de l’OTAN comme point d’ancrage de notre défense commune et comme forum incontournable des consultations transatlantiques. Nous soutenons le processus en cours d’intégration européenne et soulignons qu’il est important que l’Europe et l’Amérique travaillent ensemble comme partenaires au sein d’une communauté de valeurs. Nous saluons l’élargissement historique aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne ».
Dans ces conditions, partager notre siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne, comme nous y invite EELV, reviendrait très rapidement à saborder ce qui reste de notre influence mondiale, et cela pour le plus grand profit de qui ? Des États-Unis, de l'Allemagne et de l'Alliance atlantique.
M. Cohn-Bendit est d'ailleurs le premier à le savoir puisque cette Alliance stratégique germano-américaine pour le XXIe siècle fut négociée, côté allemand, par son grand ami le ministre des affaires étrangères Joseph Fischer, ancien chef des Verts allemands.
Soyons donc précis : la proposition de EELV est exactement assimilable à un acte de haute trahison. Seule la désinformation ambiante, qui ridiculise d'un rire gras quiconque parle de haute trahison en France, empêche de la nommer pour ce qu'elle est. 


DANIEL COHN-BENDIT - JOSEPH FISCHER Photos ci-dessus de gauche à droite et de haut en bas : Daniel Cohn-Bendit et Joseph Fischer dans une réunion de militants "Verts" en Allemagne (Hesse) en 1987 ; les mêmes à Butzbach (Allemagne) en 2005 ; les mêmes à Berlin en 2007 ; les mêmes au Parlement européen en 2011.

Joseph Fischer a été Vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne du 27 octobre 1998 à octobre 2005. Pendant cette période, il a amené les Verts allemands « à rompre avec le pacifisme pour soutenir l'intervention militaro-humanitaire dans les Balkans et en Afghanistan. » Il a approuvé le bombardement de la Yougoslavie et a entraîné l'Allemagne dans l'opération au Kosovo, première guerre allemande depuis 1945. Cette guerre, qui a provoqué d'intenses débats en Allemagne, a reposé sur des informations qui ont convaincu l'opinion publique mais qui se sont ensuite révélées fausses ou mensongères, tel le Plan Fer-à-cheval. Le journaliste allemand Jürgen Elsässer les a notamment dénoncées dans son livre La RFA dans la guerre au Kosovo.
Depuis 2006, Joseph Fischer est professeur à l'Université de Princeton près de New York et il participe au fameux Council on Foreign Relations ou CFR, dont l'influence sur la politique américaine et mondiale n'est plus à démontrer.
 
3°) - EELV PROMEUT SANS RELÂCHE LES MOUVEMENTS AUTONOMISTES ET L'EUROPE DES RÉGIONS, DONT LA FINALITÉ ULTIME SERAIT LE DÉMEMBREMENT DE LA FRANCE
Au Parlement européen, les députés de EELV siègent avec les députés régionalistes de « l'Alliance libre européenne » (ALE). Créée en 1981, cette ALE était à l'origine une association de partis régionalistes. Elle s’est constituée en parti politique européen en mars 2004 avec la signature d’une déclaration constitutive, signée par 25 partis membres dont, pour la France, des représentants de la « Ligue savoisienne », du « Mouvement Région Savoie », du « Parti Occitan », de « l'Union démocratique bretonne » et de « l'Union du peuple alsacien ».
Comme l'a rendue publique l'universitaire Pierre Hillard, l'ALE a fait circuler au Parlement européen, et sous le timbre du Parlement, une carte d'une Europe redécoupée selon des critères ethno-linguistiques et non plus nationaux :


Cette carte est en harmonie de pensée avec la Charte des Droits Fondamentaux et la politique européiste consistant à promouvoir les langues régionales et l'Europe des Régions. Comme on le constate, la traduction politique de cette carte aurait pour effet de démanteler principalement la République française, le Royaume-Uni et l'Espagne... et d'agrandir considérablement l'Allemagne en lui englobant l'Autriche, la Suisse Alémanique et l'Alsace-Lorraine.
C'est avec les auteurs de cette carte explosive que le parti prétendument « écologiste » EELV fait donc groupe commun au Parlement européen.

Il importe de noter que la candidate Europe Écologie-Les Verts à l'élection présidentielle de 2012, Eva Joly, est parfaitement solidaire de cette ligne politique dont la logique ultime ne peut être, malgré les démentis cauteleux, que le démembrement de la République française.
Le 27 août 2011, Mme Joly a ainsi participé à « l'université d'été » de neuf partis régionalistes et autonomistes, en promettant notamment de défendre les langues régionales menacées. Mme Joly a confirmé qu'elle était en faveur d'une « Europe fédéraliste des régions », d'une « réunification de la Bretagne » (par le rattachement du département de la Loire-Atlantique à l'actuelle Région française), de « l'autonomie basque » ou encore d'une « collectivité territoriale unique de la Corse ».
Au moment même où la langue française est en déroute au niveau européen et mondial, Mme Joly a dénoncé « la volonté hégémonique d'imposer l'unique langue française » en France. Elle a affirmé vouloir « la reconnaissance des langues régionales », et s'est indignée des « poursuites contre des maires qui s'expriment dans une autre langue  » . Selon l'eurodéputée franco-norvégienne, « on ne peut pas imposer l'enseignement des langues régionales, mais on peut imposer l'offre  », et « il faut que, dès la maternelle, il soit possible de les parler ».
Elle a enfin proposé de supprimer les préfets en lançant que « la figure du préfet est une figure napoléonienne et il est temps de rentrer dans la modernité  ».
 
Le problème posé par ce type de déclarations et de propositions est double :
a)- d'une part, elles font de  
EELV un parti politique tout simplement inconstitutionnel.
L'article Premier de la Constitution française actuellement en vigueur pose en effet le principe que « la France est une République indivisible ». L'article 2 pose que « la langue de la République est le français » et que « l'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge ». Et l'article 4 pose que « les partis et groupements politiques [...] doivent respecter les principes de la souveraineté nationale ».

b)- d'autre part, elles visent une nouvelle fois à affaiblir la France et à renforcer la puissance allemande et la puissance anglo-saxonne, le tout bien entendu sous couvert de « modernité  ».
Car comme la carte de l'ALE au Parlement européen l'a montré supra, « la reconnaissance des langues régionales » que souhaite EELV reviendrait à transformer progressivement la France en Tour de Babel, à détricoter des siècles d'histoire et plus de 220 ans d'acquis républicains, tandis qu'elle donnerait des arguments politiques à l'Allemagne pour exprimer des vues expansionnistes sur l'Autriche, la Suisse et l'Alsace-Lorraine.
Plus encore, 
elle favoriserait l'apparition en Europe d'un bilinguisme d'un nouveau genre : on favoriserait l'apprentissage de langues régionales très peu usitées pour un usage extrêmement local et, bien sûr, l'apprentissage de l'anglo-américain pour un usage universel. 
On apprendrait ainsi aux jeunes générations nées en Bretagne à parler le breton et l'anglo-américain. Les jeunes nés en Alsace parleraient l'alsacien et l'anglo-américain, ceux nés en Corse parlerait le Corse et l'anglo-américain, ceux nés au Pays basque parleraient le basque et l'anglo-américain, etc.
Les photos ci-dessous, prises le 7 mars 2009 et montrant une manifestation d'indépendantistes catalans venus à Bruxelles pour réclamer, en anglo-américain, « CATALONIA THE NEXT STATE IN EUROPE » (= "Catalogne, le prochain État en Europe") ou « WE WANT A CATALAN STATE » (= "Nous voulons un État catalan"), sont là pour prouver qu'il ne s'agit nullement d'une vue de l'esprit :


Ci-dessus de gauche à droite et de haut en bas :
- les 3 premières photos sont celles d'une manifestation organisée à Bruxelles le 7 mars 2009 par des indépendantistes catalans espagnols. Comme le montrent les images, ce n'est pas en catalan ni en espagnol mais en anglo-américain que les manifestants ont exigé "WE WANT A CATALAN STATE" et ont appelé à créer "CATALONIA, THE NEXT STATE IN EUROPE". Les drapeaux de l'Union européenne étaient presque aussi nombreux que ceux du futur État catalan réclamé par les manifestants, qui inscrivent donc leur action, de façon plus ou moins consciente, dans le droit fil des objectifs finaux de la politique dite d'Europe des Régions.
- la dernière photo, en bas à droite, est celle de Mme Eva Joly, candidate de EELV à la présidence de la République, prononçant un discours à « l'université d'été » de neuf partis régionalistes et autonomistes le 27 août 2011. Comme on le remarque, Mme Joly s'est exprimée devant des drapeaux et à une tribune pavoisée aux couleurs de cet "État catalan" réclamé en anglo-américain par les Catalans espagnols à Bruxelles le 7 mars 2009. Mme Joly ne se cache donc plus de vouloir se faire élire pour favoriser le démantèlement de la République française.
 
Comme on le comprend, le résultat final du programme que propose EELV serait la mort de la langue et de la civilisation françaises, la destruction de la République française, et la soumission totale de l'ancien peuple français à l'empire euro-atlantiste des grands groupes industriels et financiers et des marchands de canon.
Des grands donneurs d'ordre que Mme Joly n'entend pas du tout supprimer comme elle envisage de le faire de nos préfets républicains....
 
Soyons donc précis :
Les agissements et les propositions de EELV, notamment vis-à-vis de l'ONU, de la construction européenne, de l'Europe des régions, et du soutien à des mouvements régionalistes sont non seulement ultra-européistes mais également anti-républicains, inconstitutionnels et constitutifs de haute trahison.
Nous avons souligné d'emblée que le logo de EELV était, du point de vue du dessin comme des couleurs, le plus contraire à toutes nos traditions républicaines que l'on puisse imaginer. L'analyse des propositions de EELV montre qu'il est donc finalement très bien choisi.