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jeudi 25 août 2011

Fin de partie pour les dettes du Système mondialiste


Extraits d'un édito du site Polémia :

1- Le libréchangisme mondial et la dérégulation financière ont conduit à une concurrence fiscale entre les États. (…)



2- Le libréchangisme mondial a mis en concurrence la main-d’œuvre des pays développés avec celle des pays du tiers-monde : ce qui provoqué la baisse des salaires et la montée du chômage lié aux délocalisations, aux États-Unis et en Europe.

Avec trois conséquences financières :
-la baisse de la base des recettes fiscales (ou des contributions sociales) ;

-la montée des dépenses d’assistance devenue nécessaire pour rendre acceptables les conséquences sociales des délocalisations ; l’État-providence a ici été mobilisé au service de la mondialisation et des intérêts du grand capital (privatiser les bénéfices, socialiser les pertes) ;

-la montée de l’endettement privé (en particulier aux États-Unis et en Grande-Bretagne) pour maintenir artificiellement le niveau de vie des salariés et des chômeurs.


3- 
L’immigration – sorte de délocalisation à domicile – a eu les mêmes conséquences pour les secteurs du bâtiment de l’hôtellerie et des services que les délocalisations pour le secteur industriel. 
Quand Nafissatou Diallo, fausse réfugiée guinéenne, occupe un emploi précaire au Sofitel de New York, c’est une Afro-Américaine de plus qui pointe au chômage. (…) conséquence supplémentaire – surtout en Europe et a fortiori en France : la prise en charge de la couverture sociale d’une personne et souvent d’une famille supplémentaire. (…)



4- Tout ceci creuse les déficits, d’autant que le redressement financier est difficile car chaque campagne électorale s’y oppose :

* -les candidats ont besoin d’argent pour financer leurs coûteuses campagnes de communication : ils doivent donc ménager les grands lobbies, les grandes entreprises et les hyper-riches ; pas possible donc d’augmenter les recettes fiscales ;

* -les candidats ont aussi besoin de ménager leurs « clientèles » électorales vivant de subsides publics ; guère possible dans ces conditions de diminuer les dépenses…

(…)


5- Dans ces conditions 
le seul recours fiscal possible est de taxer un peu plus les classes moyennes 
en faisant appel à leur sens des responsabilités. (…)



6- (…)la « solution » retenue par l’oligarchie mondiale après la faillite de Lehman Brothers, en 2008, a consisté à étatiser les dettes privées et à ajouter de la dette à la dette. (…)



7- La chute du Système mondialiste va donc se poursuivre avec deux conséquences probables :

-l’éclatement de la zone euro et le retour du Deutschmark ;

-la fragilisation de la puissance américaine. (…)




9- 
On voit mal néanmoins comment la reconstruction pourrait se faire autrement que par un recours aux fondamentaux : frontières, protectionnisme, relocalisations, souveraineté des peuples. Le politiquement correct est mort mais il ne le sait pas encore…


mardi 16 août 2011

Angela Merkel confrontée à une mutinerie anti-eurobond

Traduction d'un article d'Ambrose Evans-Pritchard dans le Telegraph  (15/08/11) :

Les partenaires de coalition de la chancelière Angela Merkel menacent de quitter le gouvernement si elle accepte les eurobonds ou toute autre forme d’union fiscale pour soutenir l’Europe du sud.
La révolte rampante dans le Bundestag fait qu’il est quasi-impossible pour Mme Merkel d’offrir de réelles concessions au sommet de crise de mardi avec Nicolas Sarkozy.
« Le groupe FDP ne votera pas pour les eurobonds. Chacun doit comprendre qu’il n’y a pas de majorité viable pour cela » dit Frank Schäffler, porte parole du FDP.
(…)
Alexander Dobrindt, secrétaire général des chrétiens sociaux bavarois (CSU), allié clé de Merkel dit que son parti a énoncé un « non très clair aux eurobonds ».
Merkel fait également face aux protestations au sein de son propre parti des chrétiens démocrates (CDU), bien que les élites politiques du parti est prêt à considérer des eurobonds partiels jusqu’aux limites de Maastricht de 60% du PIB mais seulement sous de rigoureuses conditions.
Il est évident que le public allemand n’est pas d’humeur pour de telles formules. Un sondage YouGov montre que  
59% des allemands sont opposés à tout renflouement supplémentaire. 
La majorité veut voir la Grèce sortir de l’euro 
et 44% veut un retrait allemand de l’union monétaire européenne.

« Etant donné l’euroscepicisme croissant dans la population, il est politiquement trop dangereux de jouer avec le sujet explosif des eurobonds » dit Hamburer Abendblatt.
Otmar Issing, l’ex chef économiste de la BCE a dit à la télévision allemande qu’un pas vers les eurobonds appauvrirait l’Allemagne et destabiliserait le Bundestag. « Ce serait catastrophique, je ne comprend pas comment un politicien allemand peut accepter cela ».

La cour constitutionnelle allemande a encore à se prononcer sur la légalité des mécanismes de renflouement de la zone euro et prêtera attention à ses avertissements que la politique de l’UE dérive vers la concentration des pouvoirs budgetaires dans les mains des autorités de l’Union européenne en dehors d’un contrôle démocratique.
Professeur Wilhelm Hankel de l’université de Frankfort dit que l’eurobond est un camouflage pour une union fiscale. « C’est interdit par le droit européen et la constitution allemande. Chacun dans le parlement réalise que nous sommes proches du rubicon et que s’ils acceptent les eurobonds ils ne pourront pas stopper la marche vers une union de transferts ».
(…)
La situation évolue à vitesse éclair, les marchés craignent que le fond de soutien de 440 milliards est trop faible pour supporter la double contrainte de l’Italie et de l’Espagne. La crise a à présent escaladé à un nouveau et dangereux niveau alors que les inquiétudes au sujet d’une récession globale ont mit le projecteur sur la dynamique de la dette française. Les coûts du FESF pourraît faire perdre au pays sa note AAA.
(…)


vendredi 13 mai 2011

Vers des emprunts "à 100 ans" ?

Communiqué de presse de la Direction nationale du Front National de la Jeunesse

Dans un récent entretien accordé au quotidien économique Les Echos, Philippe Mills, directeur général de l’Agence France Trésor (AFT), la cellule du ministère des Finances chargée de gérer la dette de l’Etat, n’exclut pas du tout la possibilité que la France lance des emprunts à 100 ans. (...)

Le FNJ dénonce une hérésie économique car la logique veut que tout emprunt couvre la durée de vie de l’investissement qu’il est censé financer.
Le FNJ pointe également du doigt une hérésie sociale car les emprunts de 50 à 100 ans signifient que nos déficits actuels reposeront sur les épaules de la jeunesse française et des générations futures. La durée convenable d’émission d’emprunts d’Etat étant de 30 ans maximum.
 Le FNJ dénonce aussi une hérésie financière car s’endetter sur 100 ans, cela veut tout simplement dire payer beaucoup plus d’intérêts cumulés que ce que rapporte l’emprunt.
(...)


samedi 25 septembre 2010

Retraites et souveraineté monétaire


Nicolas Dupont-Aignan rejoint Jean-Luc Mélenchon parmi les hommes politiques connus parlant de notre asservissement monétaire qui remonte à la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 qui interdit à l'Etat d'emprunter auprès de la Banque de France ( "Le trésor public ne peut-être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France") l'obligeant ainsi à se tourner vers les marchés privés pour se financer.

En complément sur le sujet :

André-Jacques Holbecq auteur de "La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?"



Etienne Chouard sur le sujet :



Un auditeur de RMC interpelle Claude Goasguen au sujet des retraites et de la loi Pompidou-Giscard :


Marine Le Pen sur la loi Pompidou-Giscard de 1973 et les marchés financiers :


Mélenchon lors de la crise grecque :



Intervention de Nicolas Dupont-Aignan lors d'un débat organisé par Marianne :

"on ne peut pas quand même à ce point prendre les français pour des imbéciles en leur parlant de services publics toute la journée et d'avoir signé à Barcelone la mise en concurrence des services publics, c'est pas possible !"


mercredi 22 septembre 2010

La France est à vendre !

"La France en faillite argentine en 2010 ?"

Sources : 


Pour se conformer aux exigences de la Banque centrale, du Pacte de Stabilité et du droit européen de la concurrence, les gouvernements successifs ont littéralement bradé le patrimoine public français, en moyenne à la moitié de sa valeur. Selon la quatrième de couverture de "La grande braderie du patrimoine public des Français", il aura fallu à Jean Roux 4.000 heures de travail pour regrouper, sur cinq ans, 20.000 articles de presse et publications économiques et financières... Ce livre, à partir de faits avérés et publiés, est le premier à mettre en perspective et à décrire la gigantesque « Opération Publique d'Achat » sur le patrimoine public des Français, et ce, au profit des grandes sociétés multinationales et des fonds de pensions américains.
En 2006, la dépossession porte sur plus de 500 milliards d'euros d'actifs : grandes sociétés nationales, transports aériens et ferroviaires, aéroports et réseaux autoroutiers, bâtiments publics, foncier domanial, patrimoine historique et artistique, musées nationaux, industries de la Défense, stock d'or de la Banque de France...
La privatisation sournoise du système public de protection sociale et de retraites, l'abandon à la spéculation anarchique du domaine public et du littoral, la privatisation rampante de l'eau, de l'image, de l'espace... sont également étudiés, ainsi que les techniques financières de dépossession et les montages sophistiqués sur fond de laxisme et de démission. L'auteur estime utile le rôle des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD, CGC, etc.) pour la défense du service public et de l'emploi et contre les délocalisations et la désindustrialisation imposées par Bruxelles.
Après avoir décrit l'évolution des paramètres clés, qui, en dix ans (1989-1999), ont conduit l'Argentine à la cessation de paiement, l'auteur étudie l'évolution de ces mêmes paramètres pour la France et annonce le risque d'une faillite en chaîne des budgets publics à l'horizon 2010 : État, caisses de protection sociale et de retraites, collectivités locales !
En vingt ans – la double décennie PS/UMP – la dette de l'État français aura augmenté de 1 000 milliards d'euros (période 1986-2007, prévision). Le cumul des braderies en cours et de l'augmentation de la dette de l'État représente le chiffre effarant de 1 500 milliards d'euros dilapidés... de quoi offrir au peuple français un patrimoine équivalent à 10 millions de logements neufs, de 150 000 euros chacun (1 million de francs).
La France n'est pas le seul pays européen concerné. Mais la richesse historique considérable de son patrimoine et ses atouts économiques, géographiques, culturels, donnent à ce gâchis sans précédent dans son histoire une dimension toute particulière... existentielle.
À la vitesse de 1 milliard d'euros par semaine pour le budget de l'État, cumulé avec 1 milliard d'euros de déficit par mois pour les budgets sociaux, le peuple français, désinformé et inconscient, marche vers « la finale argentine », autrement dit vers l'abîme.


Ce que nous rapporte Jean Roux est si effarant qu’on a peine le croire. Les privatisations opérées en France depuis 1987 auraient  été faites, en moyenne  à la moitié de la valeur des entreprises: la plus grande spoliation du patrimoine public depuis la vente des biens nationaux. Elles ont rapporté  de 1984 à 2002 au total 90  milliards € à l’Etat ; elles auraient dû lui  en rapporter deux fois plus.
Tout cela est énorme. Que faut-il en penser ?  Jean Roux est un  homme sérieux : commissaire aux comptes, financier international et historien, lauréat du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, il a  dépouillé pendant cinq ans toutes les informations et commentaires de  la presse économique  et les rapports officiels sur les privatisations. Ses sources sont donc publiques. Il  n’a pas de préjugés politiques apparent et en tous les cas ne remet jamais en cause les privatisations dans leur principe. C’est un homme simplement soucieux de la gestion du patrimoine public, de notre patrimoine.
On est d’ailleurs loin en la matière d’un clivage gauche droite : la gauche entre 1997 et 2002  ( gouvernement Jospin) a privatisé davantage ( 50 milliards d’€)  en cinq ans que  les trois gouvernements de droite  qui l’avaient précédée en dix ans ( 40 milliards € ), et dans des conditions généralement plus douteuses.
En 1980, le secteur productif public représentait 1 088 000 salariés ;  en 1984, soit après la grande vague des nationalisations Mitterrand, il passe à 1 762 000 salariés ( 16 % du secteur productif, 17 % du CA,  40 % des immobilisations). Après ce  pic historique  vient la décrue : il  ne représente plus que  1 132 000 salariés en 2003, moins encore aujourd’hui.   Il  est passé de 10,5 % de  l ‘emploi productif en 1984, à   5, 3 % en 2000.
L’estimation d’un rabais global de 50 % est une moyenne entre des opérations relativement convenables et des cessions d’actifs publics particulièrement scabreuses. Parmi celles-ci ,  on citera le cas du   BRGM  qui vend en 1993   pour 788 millions de F un patrimoine minier estimé ultérieurement  à 12 milliards de F  ou encore celui de  la SFP cédée pour 4,5 milliards € en 2001 , un montant que la profession cinématographique française dans sa totalité qualifia de scandaleuse, une opération intervenue après que l’Etat,  obligeant  les chaînes de télévision à acheter les programmes hors du secteur public, lui eut coupé les ailes. Comment ne pas évoquer aussi  la cession en 2001 des Autoroutes du Sud de la France qui permettent à l’acheteur final de réaliser en 2005, et cela sans le moindre risque, une marge brute d’exploitation de 65 % ! L’Aérospatiale elle-même a été cédée à un prix que l’on   estime généralement très sous-évalué.
Aux privatisations d’entreprises proprement dites, s’ajoutent  la cession du patrimoine immobilier de l’Etat ou des entreprises publiques, souvent en « bloc » , c'est-à-dire avec des rabais de 50 % :  appartements ou bureaux  de la Banque de France, de la SNCF , d’EDF, du Crédit lyonnais ou encore la cession d’une partie du stock d’or de la banque de France ,  « fausse bonne idée de Nicolas Sarkozy  » ( La Tribune 18 /11/04) , à un moment où   tout laisse supposer que l’or est durablement à la hausse
A cela s’ajoutent différentes techniques dont l’effet est aussi la réduction du patrimoine public : externalisation ( on en a vu les effets fâcheux  dans l’affaire du Clémenceau) , titrisation etc.  
Au chapitre  de la gabegie de l’Etat et de la légèreté de sa gestion au cours des dernières années, Jean Roux décrit aussi   les effets dévastateurs de l’affaire du Crédit lyonnais ( 1 milliard € au moins pour la seule affaire Executive Life : on dira à juste titre que ces erreurs là sont l’effet de la nationalisation, mais cela ne justifie pas que l’on privatise n’importe comment ),  la légèreté de la gestion de France-Télécom , qui a fait cadeau de 11 milliards  € à sa filiale allemande Mobicom ( dont 8 milliards sont revenus à  l’Etat allemand par le biais de la vente d’une licence  finalement inutile !).
Malgré les recettes des privatisations, les années 1980, 1990 et 2000 voient l’endettement public français croître de manière considérable. La dette publique était en 1969 de 15 milliards € , soit 14 % du PIB, en 1981 de 75 milliards (20 % du PIB ),  en 1986 de 180 milliards  (30 % du PIB ) , fin 2003 de  1000 milliards €  (60 %du PIB ) , début 2006 de 1120 milliards €  (66, 4 %du PIB) , soit 18000 € par habitant et bien davantage par famille, dont  plus de 50 % sont détenus par des institutions étrangères. Et rien ne laisse à ce jour prévoir que la dérive de la dépense publique  ( 5 milliards € par mois de déficit ) puisse être enrayée.
Non seulement l’Etat s’est appauvri  ( 807 milliards d’actifs en 1980, 290 milliards en 2002 selon le rapport Pébereau ) sans que cela ait un véritable impact sur les finances publiques  mais la politique menée a largement favorisé la mainmise de capitaux étrangers sur  l’ économie  française. On connaît la malheureuse prise de contrôle de Péchiney  par Alcan, prélude à son démantèlement : il a été donné à l’auteur de cet article d’assister au spectacle obscène de la remise, sous les applaudissements  de la fine fleur  de la finance française, du « prix de la meilleure fusion-acquisition de l’année » au PDG d’Alcan. Mais qui sait  que la politique fiscale a pour effet de favoriser   cette prise de contrôle ?  Un décret de 1993 pris par Nicolas Sarkozy,  ministre du budget, exonère de tout impôt  les dividendes versés à des fonds de pension étrangers  tout en leur maintenant l’ avoir fiscal  ( dispositif auquel un accord franco-britannique ajoute des avantages supplémentaires). Selon une estimation du Conseil national des impôts, là où le dividende versé est de 100, l’investisseur national reçoit 54, le fonds de pension 100 et s’il est anglais, 145 !
Mais de quoi faut-il encore s’étonner quand on voit  fin 2005  le gouvernement français  appuyer une action d’une mystérieuse société basée à Jersey  contre Etamet dont  le    principal actionnaire est l’Etat français, cette action conduisant à déposséder cette dernière au bénéfice de la  société étrangère d’un des  principaux gisements de nickel de Nouvelle Calédonie ! Ceux qui agissent ainsi  ne commettent pas seulement un crime vis-à-vis des intérêts français, ils ridiculisent notre pays face à la  communauté financière internationale !   
Les intérêts étrangers qui profitent des privatisations au rabais sont souvent des fonds de pension américains ( propriétaires par exemple  de 43 % d’EADS ) . Autrement dit , alors que  l’avenir des retraites n’est pas assuré en France, l’Etat français  subventionne  les retraités américains !  Cela n’est d’ailleurs pas propre à la France  : ce qui se passe dans notre pays s’inscrit dans une politique de prédation de dimension mondiale.
On sait comment la Commission européenne a systématiquement encouragé la politique de privatisation,  notamment en permettant cette aberration comptable :  prendre en compte les recettes de privatisations dans le budget  de fonctionnement de l’Etat, ce qui permet  une  réduction optique du déficit .
On sait moins comment, malgré le coup de semonce du 29 mai 2005, cette politique s’est aggravée, en particulier par la cession de ce qui restait d’ autoroutes publiques à vil prix. Le projet en cours de discussion de cession de GDF à Suez va dans le même sens. Les sociétés qui ne sont pas encore privatisées, les grands services publics comme EDF, GDF, SNCF, La Poste , sont en réalité les proies les plus juteuses   : jouissant d’un monopole durable , ils présentent une sécurité pour l’investisseur bien plus grande que les actifs proprement industriels, surtout s’ils sont acquis au rabais.
Ce panorama affligeant nous interdit désormais de considérer de haut des pays comme la Russie ou certains pays d’Amérique latine  où les privatisations ont été l’occasion d’un pillage généralisé du patrimoine public,  générant des fortunes aussi rapides qu’illégitimes : il n’est pas certain qu’en définitive,  nous ayons fait beaucoup mieux. Il est décidément bien difficile dans un pays comme la France de trouver les marques du vrai libéralisme  responsable, respectueux des deniers publics et par là distinct  de la recherche effrénée du profit , de la pure et simple corruption ( que l’on devine dans la pénombre des pratiques que dénonce Jean Roux ) et de l’irresponsabilité technocratique.
L’auteur  prédit à  la France une faillite à la mode argentine  pour les toutes prochaines années : cette prédiction est à prendre au sérieux. On lui reprochera en revanche d’entretenir quelques illusions sur les syndicats, seuls défenseurs à son gré du patrimoine public :   il semble ignorer que ceux-ci,    trop souvent serrés de près par les procédures judiciaires,  n’opèrent qu’une mobilisation de façade contre les pratiques qu’il dénonce : leur discrétion dans l’affaire Suez-GDF est stupéfiante. De même Jean Roux apparaît bien naïf quand il s’imagine que les élus locaux sont plus vertueux que les politiques nationaux ! Sur le plan formel,   on lui reprochera seulement  d’avoir exagérément élargi son sujet ( prédation de l’environnement, gaspillages sociaux,  exode des œuvres d’art etc.), ce qui peut affaiblir  la crédibilité de son ouvrage qui demeure néanmoins une mine de renseignements.
Voilà au total un travail sérieux et  courageux : sa large diffusion est souhaitable : que ces faits scabreux soient connus nous paraît  le préalable au redressement  des moeurs qui seul peut sauver notre pays du désastre  annoncé.  

Jean Roux, La grande braderie du patrimoine public des Français  - Une OPA géante sur la France , François-Xavier de Guibert , 2006, 327 pages

En complément sur le sujet


Source.