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dimanche 25 septembre 2011

Jacques Sapir rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position américaine vis à vis de l'euro

Voici un extrait d'un article de Jacques Sapir publié sur marianne2.fr au sujet de la fin prochaine de l'euro :


Nombreux sont ceux qui pensent que la crise de l’Euro réjouit les dirigeants américains. Ils se trompent lourdement. Un Euro affaibli politiquement mais présent, concentrant pour plusieurs années encore l’attention des spéculateurs internationaux et freinant le développement des économies européennes, est bien la meilleure situation pour les dirigeants de Washington. C’est bien pourquoi ces derniers multiplient les initiatives pour forcer la main des pays européens et pour que soit mis en place un nouveau plan de sauvetage de la crise en Grèce.

Ainsi, pour des raisons aussi diverses qu’il y a de pays concernés, des deux côtés de l’Atlantique les dirigeants affirment leur volonté de défendre l’Euro. Mais les faits sont têtus ! Et quand on les méprise, ils se vengent.

Ainsi, Jacques Sapir (certainement l'économiste français le plus pertinent sur la crise de l'euro) rejoint les analyses de François Asselineau au sujet de la position que les Etats-Unis ont vis à vis de la crise de l'euro.


On a beaucoup dit que les USA avaient tout intérêt à l'implosion de l'euro qui remettrait en cause le statut du dollar (sur cette thèse lire "La fin du dollar : Comment le billet vert est devenu la plus grande bulle spéculative de l'histoire" de Myret Zaki) si ce point de vue n'est peut être pas entièrement erroné, force est de constater que l'équivoque subsiste.
En effet, comme l'a relevé Asselineau, des documents déclassifiés du gouvernement américain révèlent au contraire l'appui - en coulisse - des USA au mouvement d'union européenne. 
Ainsi voici ce que releva Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph
The head of the Ford Foundation, ex-OSS officer Paul Hoffman, doubled as head of ACUE in the late Fifties. The State Department also played a role. A memo from the European section, dated June 11, 1965, advises the vice-president of the European Economic Community, Robert Marjolin, to pursue monetary union by stealth.

It recommends suppressing debate until the point at which "adoption of such proposals would become virtually inescapable".

Ainsi il existe une stratégie américaine de longue date visant à imposer "furtivement", "sans débat", l'adoption d'une monnaie unique. La récente présence de Tim Geithner aux côtés des ministres des finances de l'eurozone en Pologne (grossière ingérence acceptée par les dirigeants européens : imaginez que l'inverse se produise!) le confirme. 


Tout ceci confirme encore une fois le "stratagème des chaînes" des USA dans leur promotion de l'UE.

Eurokritik

mercredi 17 août 2011

François Asselineau sur le sommet Sarkozy-Merkel

Sur la page facebook de l’Union Populaire Républicaine, les analyses toujours très intéressantes de François Asselineau au sujet du sommet Sarkozy-Merkel de crise de l’euro :

"= BINGO ! LE ROYAUME-UNI DIT "NO" AU PROJET DE TAXE SARKOZY-MERKEL =
Il n'aura pas fallu 24 heures pour que les Anglais torpillent cette proposition. Nos lecteurs sont témoins que je l'avais pronostiqué dès hier soir, sitôt connues les "décisions" du Sommet d'urgence franco-allemand
Nos lecteurs ont sous les yeux une énième illustration du "Stratagème des chaînes" que j'explique dans mes conférences.
Inventé par les stratèges chinois depuis des siècles, le "Stratagème des chaînes" est une ruse qui consiste à convaincre ses ennemis de s'entraver dans des liens absurdes et autobloquants qui leur ôtent toute mobilité, empêchent toute décision, et les laissent désemparés face à leurs adversaires.
Le "Stratagème des chaînes" est la ruse suprême mise en œuvre par les Américains, à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour neutraliser progressivement toute l'Europe à leur profit.
 Comment ? En conseillant à chaque État européen de se ligoter à ses voisins pour réaliser une mythique "construction européenne".
Washington a parfaitement prévu que
la divergence foisonnante d'intérêts nationaux contradictoires provoquerait non pas l'apparition d'un redoutable concurrent mais au contraire une pétaudière où toute décision serait impossible.
 Et comme une majorité d'États européens sont alignés sur les États-Unis, il en résulterait une Tour de Babel vassalisée par Washington. 

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Il s'agit ici d'un cas d'école : imposer des taxes sur les transactions financières est peut-être acceptable pour les Allemands et pour les Français ; mais est tout à fait inacceptable pour les Britanniques.
Et cela pour une raison aussi simple qu'imparable : 
la place financière de Londres - qui assure près de 25% du PIB britannique !
- risquerait d'être extrêmement pénalisée si une telle taxe n'était décidée qu'au seul niveau européen.
Il s'agit d'un enjeu majeur pour Londres. Les Britanniques ne pourraient accepter une telle taxe que si TOUTES les places financières mondiales adoptaient la même taxe : New York, Tokyo, Hong Kong, etc.
Autant dire que ce n'est pas demain la veille.
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Deux précisions importantes doivent ici être apportées :
  
1) Il ne faut pas imaginer une seconde que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et leurs conseillers respectifs viendraient d'être pris au dépourvu par la réaction britannique.
Ils savaient au contraire mieux que quiconque que les Anglais mettraient leur veto à une telle proposition de taxe sur les transactions financières en Europe.  
S'ils ont lancé cette proposition, c'est donc dans le but cynique - mais de bonne guerre - de "refiler la patate chaude" à d'autres. Il s'agit de "mouiller" tout le monde dans le désastre en cours, et de ne pas laisser reposer uniquement la responsabilité sur les épaules de la France et de l'Allemagne.
Délicieuse "solidarité européenne", n'est-ce pas ?

Au passage, et à titre anecdotique,  
ce veto britannique renvoie les ténors du PS français à leur bêtise et à leur mauvaise foi abyssales. 
Après avoir crié haro sur Sarkozy parce que l'Allemagne a décidé de ne plus payer, que vont-ils faire désormais ? Crier haro sur Sarkozy parce que les Britanniques rejettent toute idée de taxe ? On peut reprocher bien des choses à Sarkozy mais on ne peut quand même pas lui reprocher que l'Allemagne soit allemande et l'Angleterre anglaise....
Tout cela n'est pas sérieux et témoigne que toute pensée libre, honnête et cohérente est morte au PS comme à l'UMP.

2) Par ailleurs, même si le sujet est mort-né, il n'est pas interdit de réfléchir aux arrière-pensées allemandes qui entouraient cette proposition de taxe sur les transactions financières intra-européennes.
Les autorités de Berlin n'ont-elles pas commencé à montrer le bout de l'oreille ? Ce projet n'en cache-t-il pas un autre - celui là même que j'évoquais dans mon dernier article paru sur Agoravox- et qui consisterait à  
rétablir progressivement un cloisonnement intra-européen sur l'ensemble des transferts financiers ? 
Du jour où l'on ne pourra plus transférer, librement et sans taxe, des euros d'un compte bancaire en Grèce vers un compte bancaire en Allemagne, on pourra considérer que l'euro sera virtuellement mort.

CONCLUSION
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Résumé du "Sommet" Sarkozy-Merkel :
1)- la proposition de créer un "gouvernement économique de la zone euro" est un pur artifice de présentation puisque celui-ci existe depuis 14 ans.
2) - la proposition de "taxe sur les transactions financières" vient d'être enterrée par Londres.
3) - la proposition de "règle d'or" adoptée avant fin 2012 n'est qu'une petite rouerie politicienne que Sarkozy a obtenue de Mme Merkel à des fins de politique intérieure.
Il s'agit de mettre le PS dans l'embarras puisque les dirigeants socialistes ont déjà fait savoir qu'il voteraient contre l'inscription de cette règle dans la Constitution (et ils ont d'ailleurs raison de s'y refuser). Cela n'a rien de grandiose, et n'aura à peu près aucun impact concret sur la situation de l'euro.
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Annoncé à grand sons de trompe par les médias aux ordres, ce "Sommet" n'a accouché, je le redis et le confirme, que d'un souriceau mort-né.
N'en déplaise au médias européistes et alter-européistes, la seule décision concrète et importante de la rencontre Sarkozy-Merkel a bien été de ne pas créer des euro-obligations.

François Asselineau"

dimanche 24 juillet 2011

L'européisme économique face à la réalité




J-P Petit glisse ici quelques vérités : la zone euro (qui réunit des économies qui n'ont rien à voir ce qui a pour résultat fatal de les faire diverger d'avantage) est un pur échec. Les solutions européistes bien sûr consistent à continuer sur cette voie, accroitre le budget central, augmenter les transferts etc. avec les euro-technocrates aux commandes.  Ah mais pourquoi donc l'Europe réelle est-elle si éloignée des beaux schémas européistes ? Tout est à refaire ! Bref, les européistes sont simplement discrédités par les faits, ce sont des morts vivants, des zombis qui voient leur château de carte s'effondrer. 

Comme l'a très bien montré Roland Hureaux ( "Les hauteurs béantes de l'Europe") l'européisme n'est qu'une variante de totalitarisme, c'est une idéologie, un projet préconçu basé sur une idée simpliste (unifier les Etats est quoi qu'il arrive la solution) et qui tente de s'imposer contre une réalité par essence complexe ce qui aboutit à un clash et à une régression sociale assurée. En ce sens, l'européisme est la suite logique du nazisme et du communisme.
A cela il faut cependant ajouter qu'il s'agit non seulement d'une idéologie, mais également d'un projet de domination impérial, américain pour être plus précis (lisez Brzezinski). Ce point crucial (qui reste encore le plus occulté) a été exposé notamment par François Asselineau.

Pour finir, vous noterez dans la vidéo la présence du président de la fondation européiste Robert-Schuman; Robert Schuman, un mythe made by CIA.


Eurokritik


samedi 23 juillet 2011

Le logiciel ultra-européiste de Martine Aubry



Vu sur le blog de Martine Aubry, humoriste, candidate à la présidence de la république et ultra-européiste.



A propos de l’Accord au sommet européen de Bruxelles  on peut lire :

« Plus d'Europe, mais une autre Europe, c'est l'engagement de Martine Aubry et des socialistes européens. » (…) « Le cœur du problème reste toutefois entier: bâtir le gouvernement de l'euro. » (…) « Il est temps de doter la zone euro d'un gouvernement moderne, démocratique et efficace. »


Pour rappel, Martine Aubry et son parti ont depuis toujours fait la promotion de la construction européiste telle qu’elle s’est réalisée concrètement et qui révèle aujourd’hui sa faillite et son caractère anti-démocratique et anti-économique.

Martine Aubry lors du référendum sur le TCE en 2005 s’était prononcée pour le oui - montrant ainsi qu’elle sait devancer les attentes populaires ; au sujet du traité de Lisbonne elle avait rectifié le mauvais coup du peuple français qui s’était prononcé contre son projet de « toujours plus d’Europe, une autre Europe, moderne, démocratique et efficace ».
Aujourd’hui encore Mme Aubry persévère dans son idéologie, se refusant à modifier son logiciel ultra-européiste.


A lire et à faire lire à ce propos le décryptage de François Asselineau :






vendredi 26 novembre 2010

Campagne de l'UPR de François Asselineau pour une sortie de l'euro

Si vous souhaitez aider l'UPR, parti dont l'objet est de sortir la France de l'Union européenne initié par François Asselineau, vous pouvez suivre l'appel lancé sur le site et participer de façon citoyenne à l'information des français :


Tract sur la sortie de l’Euro, mode d’emploi

Alors que le désastre économique et financier de l’euro se précise, et que les événements s’accumulent pour prouver que l’UPR est, depuis 3 ans et demi, le SEUL mouvement politique lucide et responsable capable de sauver la France du péril extrême dans lequel elle s’enfonce, il nous semble nécessaire d’accélérer notre très sensible montée en puissance et notre visibilité sur le terrain.
Nous demandons en conséquence à tous nos adhérents et à tous nos sympathisants :
  • - de prendre connaissance du tract ci-joint qui précise le programme de l’UPR pour sortir de l’euro,
  • - de le diffuser au maximum à toutes leurs connaissances, familiales, amicales et aussi, si possible, professionnelles,
  • - pour ceux qui en ont la possibilité matérielle, d’imprimer et de photocopier [à leurs frais, hélas....] ce tract en couleurs (de préférence) ou en noir et blanc et de le diffuser tout autour d’eux, notamment aux personnes âgées qui n’ont souvent pas accès à Internet. Même quelques dizaines de tracts photocopiés peuvent être très précieux pour diffuser notre programme sur l’euro,
  • - de le diffuser sous toutes ses formes (papier et numérisé) et par tous les moyens à votre disposition (courriel, blog, réseaux sociaux, courriers, affichage, distribution, dépôt dans les lieux publics et privés,… ).
La situation de la France s’aggrave et nous sommes là pour prouver que les Français ne vont pas laisser tomber la France.
AUX TRACTS CITOYENS !


Tract à télécharger.

Source : http://www.u-p-r.fr/

mardi 23 novembre 2010

Un spectaculaire article du Daily Telegraph : L’HORRIBLE VÉRITÉ COMMENCE À SE FAIRE JOUR SUR LES DIRIGEANTS EUROPÉENS

48 HEURES POUR SAUVER L’EURO


après la crise grecque et avant la future crise portugaise, la crise irlandaise est un nouveau signal de l’explosion inéluctable du processus européen.
C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance du dernier article du journaliste britannique Ambrose Evans-Pritchard - dans le journal Daily Telegraph du 16 novembre - sur la crise irlandaise et européenne.


Et c’est pourquoi je prends l’initiative de vous en recommander la lecture ci-infra.
D’abord parce que son auteur est l’un des meilleurs journalistes du Royaume-Uni, et sans doute l’un des meilleurs journalistes du monde. Il continue, contre vents et marées, à faire son métier de journaliste, dans le sens le plus noble du terme. C’est-à-dire un métier d’investigation qui se fait un point d’honneur à découvrir la vérité derrière les mensonges officiels de tous les pouvoirs, puis d’en informer fidèlement et sans détours ses concitoyens, fussent-ils « sujets britanniques » dans le cas d’espèce. Pour ceux qui ont déjà vu mes conférences, Ambrose Evans Pritchard est d’ailleurs le journaliste dont je cite l’article du 17 septembre 2000 puisqu’il fut l’un des seuls, sinon le seul, à examiner les documents « Confidentiel Défense » déclassifiés à l’été 2000 par l’administration Clinton. Le journaliste du Daily Telegraph est ainsi le seul journaliste à avoir révélé que ces documents prouvaient - de façon on ne peut plus officielle - que la totalité de la construction européenne a été pilotée en sous-main par les autorités de Washington et leurs relais, tout au long des années 1950 et 1960 (les années après 1970 étant encore couvertes par le Secret Défense).
Ensuite, l’article d’aujourd’hui m’a d’autant plus frappé qu’il m’a semblé, à plusieurs reprises, avoir été écrit par moi-même ou par l’un des adhérents de l’UPR ! Quoi que je n’aie jamais rencontré Ambrose Evans-Prichard et qu’il vive dans un pays et un milieu socioprofessionnel fort différents des miens, ce journaliste talentueux est arrivé, par son travail sans relâche et ses investigations sans complaisance, à des analyses et à des comparaisons qui sont au fond exactement les nôtres. C’est bien la preuve que l’honnêteté intellectuelle et la vérité ne connaissent pas de frontière. Et c’est aussi la preuve, très porteuse d’espoir, qu’à travers toute l’Europe des forces sont en train de se lever pour briser la dictature impitoyable qui s’est mise en place sous couvert de « construction européenne » et pour rendre aux différents peuples d’Europe leur grandeur et leur bonheur, qui ne peuvent bien entendu aller de pair qu’avec leur liberté.
Comme on va le lire, les mots employés par Evans-Pritchard sont d’ailleurs très forts puisqu’il n’hésite pas à qualifier l’Union européenne d’organisation « proto-fasciste » et il a raison de le faire. De même qu’il a parfaitement raison de démonter – dans le cadre étroit d’un article de journal s’entend – le mécanisme absurde de l’euro, qui ne peut conduire qu’à son éclatement et à la destruction de l’Union européenne. Ceux qui ont assisté aux conférences que je fais depuis trois ans, et notamment à ma conférence sur la sortie de l’euro que j’ai faite depuis plusieurs mois, retrouveront des points communs, nombreux et évidents, avec mes propres analyses.
Enfin, qu’il me soit permis ici de dresser un triste constat sur la disparition de la liberté de penser et de publier en France.
Le Daily Telegraph, qui est l’un des journaux les plus anciens et les plus sérieux du monde, a fait d’Ambrose Evans Pritchard l’un de ses journalistes vedettes et lui ouvre grand ses colonnes pour publier l’article qu’on va lire. Ce journal et ce journaliste représentent à mes yeux ce qu’a de plus grand le peuple britannique : à savoir un goût inné pour le débat démocratique vrai, envers et contre tout.
Quel poignement de cœur ne me saisit-il pas quand je pense qu’un tel article, dans un média de tout premier plan et sous la plume d’un journaliste de grand renom, est en revanche tout simplement impossible en France ! Dans le meilleur des cas, les médias français consentent de mauvaise grâce (et avec des arrière pensées calculatrices) à accorder, à dose homéopathique, un « point de vue » mal argumenté et faussement iconoclaste à telle ou telle personnalité politique connue pour son extrémisme ou pour sa complaisance avec les partis en place.
Jamais nos grands médias n’accordent de place à des analyses (et à des grands journalistes) lucides, honnêtes, démocratiques et sereines, donc réellement convaincantes - comme celles d’Ambrose Evans-Pritchard. Le regretté Maurice Allais en savait quelque chose. J’en sais moi aussi quelque chose, et vous avec moi, puisque, nonobstant la mobilisation de tous, nous n’arrivons toujours pas à obtenir un temps d’antenne dans les émissions, pourtant prétendument iconoclastes, de MM. Taddéi ou Bourdin par exemple .
Que chacun et chacune d’entre vous médite bien cet état d’asservissement des médias français et le fasse savoir tout autour de lui (ou d’elle). Car c’est là, principalement, que réside désormais le dernier verrou qui maintient les Français dans l’état d’hébétement qui empêche leur libération. Il est de notre devoir, à tous, de diffuser nos analyses, et aussi celles qui vont dans le même sens, comme cet article ci-après que je vous suggère de diffuser largement.
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L’article d’Ambrose Evans Pritchard auquel je fais allusion s’intitule The horrible truth starts to dawn on Europe’s leaders  et est disponible librement à la lecture en anglais sur le site Internet du Telegraph, à l’adresse http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100008667/the-horrible-truth-starts-to-dawn-on-europes-leaders/
Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, je me suis essayé à une traduction que je vous propose ci-après. Elle ne vaut que ce qu’elle vaut et je ne prétends pas être un interprète hors pair.
J’espère néanmoins que cette lecture vous fortifiera dans la conviction que l’UPR est le seul mouvement politique qui ait une claire conscience des très graves enjeux du moment et qui propose aux Français la voie de sortie la plus sereine et raisonnable qui soit.
Quant à ceux qui nous critiquent, ils feraient bien de faire leur examen de conscience et d’y réfléchir à deux fois. Car le temps risque de venir vite où une sortie, en bon ordre et sans drame, de l’euro et de la funeste utopie européiste leur apparaîtra comme un moindre mal. Espérons qu’il ne sera pas alors trop tard.
L’UPR est le seul mouvement à proposer cette sortie politique et en bon ordre. À défaut d’UPR, il se pourrait bien que tout se termine en cauchemar et dans la rue, comme semble le craindre lui-même le journaliste du Daily Telegraph.
François ASSELINEAU
Lundi 22 novembre 2010



L’HORRIBLE VÉRITÉ COMMENCE À SE FAIRE JOUR SUR LES DIRIGEANTS EUROPÉENS
C’est désormais le projet européen en entier qui risque de se désintégrer, avec des conséquences stratégiques et économiques qui sont très difficiles à prévoir.
Dans un discours prononcé ce matin, le Président de l’Union européenne Hermann Van Rompuy (par ailleurs poète et versificateur de japonais et de latin) a mis en garde : si les dirigeants européens ne traitent pas correctement la crise actuelle et laissent la zone euro se fracturer, ils détruiront l’Union européenne elle-même.
« Nous sommes dans une crise de survie. Nous devons tous travailler ensemble pour faire survivre la zone euro, parce que si nous n’arrivons pas à faire survivre la zone euro, nous n’arriverons pas non plus à faire survivre l’Union européenne » a-t-il lancé.
Bien, bien. Quoi qu’il s’agisse d’un thème on ne peut plus familier aux lecteurs du Daily Telegraph, cela n’en fait pas moins un choc que d’entendre une telle confession, après toutes ces années, dans la bouche du président même de l’Europe.
Il admet que le pari d’avoir lancé une monnaie prématurée et dysfonctionnelle, ne disposant ni d’un Trésor centralisé, ni d’une fusion des dettes nationales, ni d’un gouvernement économique pour la soutenir, - et d’avoir, qui plus est, opéré ce lancement avant que les économies, les systèmes légaux, les pratiques de négociation salariales, la croissance de la productivité, et l’élasticité des économies aux taux d’intérêt, soient parvenus à un degré de convergence suffisant du nord au sud de l’Europe – eh bien ce pari est maintenant susceptible de provoquer un horrible retour de flammes.
Jacques Delors et ses compères fondateurs de l’Union économique et monétaire avaient pourtant été mis en garde par des économistes de la Commission, au début des années 90, que cette aventure insouciante ne pourrait pas fonctionner et qu’elle mènerait à une crise traumatisante. Ils ont écarté les avertissements.
Ils avaient également été prévenus que les unions monétaires n’éliminent nullement les risques : elles ne font que les transformer de risques sur les devises en risques sur les défauts de paiement. C’est pour cette raison qu’il était de la plus haute importance de disposer, dès le début, d’un mécanisme en état de fonctionnement pour résoudre les défauts sur les dettes souveraines ou les coupes obligataires, avec des règles claires pour établir le prix à payer propre pour ce type de risque.
Mais non, les maîtres de l’Union européenne n’ont rien voulu entendre. Ils ont considéré qu’il ne pourrait y avoir aucun défaut de paiement, et aucune mesure préparatoire n’a été faite, ni même autorisée, pour traiter la survenance d’une situation pourtant entièrement prévisible. À leurs yeux, la foi politique seule suffisait.
Les investisseurs qui auraient dû être mieux informés sont tombés directement de plain pied dans le piège, en achetant de la dette souveraine grecque, portugaise et irlandaise à 25-35 points de base au-dessus des Bons du Trésor. Au plus haut du boom, les fonds achetaient des bons espagnols avec un écart de 4 points de base. Maintenant, nous voyons ce qui se produit quand vous introduisez un tel aléa dans le système, et que vous fermez en outre le thermostat d’avertissement.
M. Delors avait raconté à ses collègues que n’importe quelle crise serait une « crise bénéfique », qu’elle permettrait à l’Union européenne de vaincre la résistance au fédéralisme fiscal et de rafler ainsi de nouveaux pouvoirs. Le but de l’union économique et monétaire était un but politique et non pas économique, et c’est pourquoi les objections des économistes pouvaient heureusement être passées par pertes et profits. Une fois que la monnaie unique existerait, les États membres de l’Union européenne abandonneraient leur souveraineté nationale pour lui permettre de fonctionner sur la durée. Elle conduirait ainsi inéluctablement au rêve de Jean Monnet d’un véritable État fédéral européen.
Faites donc venir la crise !
Derrière ce pari, bien sûr, il était fait l’hypothèse que n’importe quelle crise pourrait être contenue à un coût tolérable, une fois que les déséquilibres du système « même taille pour personne » typique de l’union monétaire européenne auraient déjà atteint des niveaux catastrophiques, et une fois que les bulles de crédit des pays du sud de l’Europe [baptisés le « Club Med »] et de l’Irlande se seraient effondrées. L’hypothèse était faite aussi que l’Allemagne, les Pays Bas, et la Finlande finiraient - sous l’avalanche des protestations – par se résoudre à payer la facture pour une « Transferunion ». [Union européenne fondée sur le transfert des richesses entre États membres].
Il se pourrait bien que nous soyons amenés à vérifier bientôt si ces deux hypothèses étaient correctes. Loin de lier tous ensemble les pays d’Europe, l’union monétaire mène à l’acrimonie et aux récriminations mutuelles. Nous avons assisté à une première éruption en début d’année, lorsque le vice Premier ministre grec a accusé les Allemands d’avoir volé l’or grec des chambres fortes de sa banque centrale et d’avoir tué 300.000 personnes sous l’Occupation nazie.
La Grèce est maintenant sous protectorat de l’Union européenne, ou plus pudiquement sous « Mémorandum » puisque c’est ainsi qu’on l’appelle. Ce qui a donné naissance à des attaques terroristes piqûres d’épingle contre quiconque est lié de près ou de loin aux pouvoirs européens. L’Irlande et le Portugal sont un peu plus loin en arrière sur cette route qui conduit à la servitude, mais ils sont déjà confrontés à des politiques dictées directement depuis Bruxelles et ils seront bientôt placés à leur tour sous des protectorats formels, et ce dans tous les cas.
L’Espagne a plus ou moins été forcée de réduire les salaires de la fonction publique de 5% pour se conformer aux exigences de l’Union européenne faites en mai. Tous doivent se plier au programme européen d’austérité, sans pouvoir compter sur le soulagement compensateur d’une dévaluation ou d’une politique monétaire plus accommodante.
Si tout cela continue l’année prochaine, avec un chômage à un niveau record de dépression ou même continuant à grimper encore plus haut, il va commencer à devenir important de s’interroger sur qui a la « propriété » politique sur l’ensemble de ces politiques. Est-ce vraiment le fruit d’un consentement pleinement démocratique ? Ou bien ces souffrances sont-elles imposées par des chefs suprêmes étrangers dans un but purement idéologique ? Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre ce que tout cela va faire pour que tout le monde se mette d’accord en Europe.
Mon opinion personnelle est que l’Union européenne est devenue illégitime lorsqu’elle a refusé d’accepter le rejet de la Constitution européenne par les électeurs français et néerlandais en 2005. Il ne pouvait y avoir aucune justification pour faire revivre ce texte, sous l’appellation de Traité de Lisbonne, et le faire adopter de force par une procédure parlementaire sans référendums, dans ce qui n’était au fond rien d’autre qu’un putsch autoritaire. (Oui, les parlements nationaux sont eux-mêmes élus – il n’est pas utile de m’adresser des commentaires indignés pour le souligner ; mais quel fut le motif pour que les gouvernements français et néerlandais refusent à leurs propres peuples de revoter dans ce cas précis ? Les chefs élus peuvent aussi violer la démocratie. Il y avait une fois un caporal autrichien…. mais n’entrons pas là dedans).
L’Irlande était le seul pays obligé par sa Constitution à organiser un référendum. Quand cet électorat seul a également voté Non, l’Union européenne a de nouveau négligé le résultat et a intimidé l’Irlande pour qu’elle vote une deuxième fois afin d’obtenir le « bon vote ».
C’est le comportement d’une organisation proto-Fasciste. C’est pourquoi, si l’Irlande - par une ironie de l’histoire et au nom d’une rémunération méritée – enclenche maintenant la réaction en chaîne qui va détruire la zone euro et l’Union européenne, il sera difficile de résister à la tentation d’ouvrir une bouteille de whiskey de Connemara afin de savourer le moment. Mais il faudra résister à cette tentation. Car le cataclysme ne sera pas joli.
Ma pensée personnelle, pour tous ces vieux amis qui travaillent toujours pour les institutions de l’Union européenne, est de savoir ce qui va arriver à leurs euro-retraites si ce qu’annonce M. Van Rompuy se vérifie.
Ambrose EVANS PRITCHARD
Daily Telegraph
16 novembre 2010


vendredi 12 novembre 2010

François Asselineau remet Nicolas Baverez à sa place


"L'Europe est un étage totalement inefficace, ça me fait d'ailleurs assez sourire : on parle actuellement de vouloir supprimer dans le mille feuille administratif un étage; certains veulent supprimer le département...nous nous voulons supprimer l'étage européen qui ne sert à rien"



jeudi 4 novembre 2010

Union européenne : le coup d’Etat budgétaire, début de la fin ?

On a découvert le principal moteur de la « construction » européenne : l’illégitimité !



« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »
Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du  26 août 1789, article 3.

Qui peut encore croire que ce principe contenu dans notre Constitution emporte encore une quelconque conséquence pratique sur la façon dont on nous gouverne ? Alors que « Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) ont adopté jeudi 28 octobre au soir un plan d'action sans précédent pour renforcer leur discipline budgétaire commune et jugé nécessaire la mise en place d'un fonds de soutien aux pays de la zone euro, ont indiqué des sources diplomatiques. » (1) et que « L'UE prépare une révision "limitée" du traité de Lisbonne » (2) sans aucune consultation populaire bien sûr, de plus en plus, le voile qui recouvre l’Europe se déchire pour laisser apparaître au grand jour le vide démocratique sur lequel elle entend se construire aujourd’hui.

Si à la fin de l’Ancien Régime l’absolutisme royal ne pouvait plus guère compter sur la légitimité « de droit divin » du Roi de France, l’Union européenne elle, bâtie par la classe politique européenne ne peut désormais plus faire illusion sur la légitimité démocratique dont elle se revendique. Qu'elle se prépare donc à quelques révolutions !

Pouvoir politique, légitimité et révolutions :

« On ne gouverne pas hors d’une forme ou d’une autre de consentement »
Les Hauteurs béantes de l’Europe, Roland Hureaux.

Historiquement, il faut constater que la question du consentement à l’impôt en particulier a largement été à l’origine des révolutions modernes. C’est vrai pour les révolutions anglaises : de la grande charte de 1215 octroyée par Jean sans Terre selon laquelle le roi ne pourra procéder à un « écuage en aide » qu’avec le consentement des représentants des contribuables à la révolution de 1688 et le Bill Of Rights qui consacrera le contrôle du Parlement sur les levées de fonds décidées par le Roi.
La révolution américaine : taxation sur le thé par la Grande-Bretagne sans consultation des colonies américaines : 4 juillet 1776 déclaration d’indépendance. Et la française de 1789 enfin : l’obstruction systématique des Parlements à la réforme fiscale de Louis XVI oblige celui-ci à convoquer les Etats-Généraux - ce qui n’avais pas été fait depuis 1614 – conduisant ainsi à la révolution de 1789 ; il sera ainsi proclamé dans la DDHC, article 14 que : « Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. »

Eu égard à cette constante de l’histoire, il faut se demander comment finira le coup d’Etat permanent qui semble être le modus operandi de nos élites au niveau européen.

Etat des lieux de l’Etat-unique européen : le coup d’Etat budgétaire, début de la fin ?

Depuis 2005 (référendum sur le TCE) comment s’est comportée l’Europe quand elle a été remise en cause (France, Pays-Bas, Irlande…) ? C’est simple, elle a continué et persévéré, mais en réalité il ne pouvait en être autrement étant donné la logique dans laquelle les élites européennes se sont enfermées. Le tour idéologique qu’a pris la construction européenne a bien été montré par Roland Hureaux dans son livre « Les Hauteurs Béantes de l’Europe ». « L’idéologie est, dit Jean Baechler « la volonté d’organiser la société à partir d’un principe unique » »…qu’est-ce que cette volonté de construire un Etat-unique européen sinon de l’idéologie ? Dans la préface à la seconde édition, Roland Hureaux met en garde : «  comment imaginer que l’institution européenne, si elle ne tient pas compte de la volonté populaire dans son fondement, en tienne compte dans ses décisions au jour le jour, sur tel ou tel sujet ? »

C’est à une fuite en avant perpétuelle à laquelle on assiste, François Asselineau faisant à bon droit référence au « stratagème des chaînes » de Sun Tzu :
« Lorsqu’un faible est au milieu des requins, tout porte à penser qu’il est une proie facile et sans marge de manœuvre. Mais, les requins étant des requins, si le stratège parvient – de manière invisible – à les engager dans des conflits entre eux, ils se polariseront suffisamment pour l’oublier et le laisser ainsi vivant et libre d’agir. Ce stratagème de l’imbroglio consiste à lier les oppositions entre elles dans un écheveau inextricable.
L’énergie de chacun se consomme dans les oppositions, préparations, mises en œuvre, vengeances… de sorte que le stratège, non concerné, en sorte indemne. (…) » (3)

Et effectivement, la construction européenne est sans cesse prise dans de nouveaux problèmes dont elle entends sortir qu’avec une concentration plus grande des pouvoirs.

Nouvelle avancée : les Etats devront désormais soumettre leurs budgets à une structure supranationale sans qu’à aucun moment on ait consulté les peuples  :
« Les ministres des Finances de l'Union européenne ont donné mardi leur accord pour que leurs projets de budgets nationaux soient examinés au niveau européen au printemps de chaque année à partir de 2011, avant qu'ils ne soient adoptés par leurs Parlements. On peut se poser la question de savoir si les Parlements nationaux conservent leur utilité. Une fois qu'un projet de budget aura reçu l'aval de Bruxelles,  l'ardeur modificatrice des pauvres députés de la région France sera bien refroidie. » (4)

Une logique qui demande à être arrêtée  

On assiste en fait - comme cela avait été prédit par les observateurs avisés – à la constitution d’un véritable Etat unique européen. Et il serait bon de prendre la mesure de ce que cela signifie, on sait déjà qu’une grande majorité des textes votés dans le Parlement sont d’origine communautaire (réglements, directives), que la jurisprudence de la cour de justice de l’union tout comme le droit de l’union priment sur les normes internes. Les institutions européennes ont leur Parlement, leur exécutif, les Etats surendétés cherchent à présent à faire des économies drastiques, quite à liquider des pans de leurs pouvoirs régaliens, par exemple avec la diplomatie, pour économiser quelques millions -alors que la dette se chiffre en milliards - pour faire la place au nouveau service diplomatique européen avec à a sa tête la britannique et atlantiste Catherine Ashton. Pas étonnant alors d’entendre David Pujadas poser la question : «  la diplomatie française vit-elle au dessus de ses moyens ? ».

L’exemple de la décentralisation peut à ce sujet servir de modèle : en décentralisant nombre de compétences de l’Etat on a bien souvent créé de nouveaux problèmes puisque l’Etat central dans le même temps n’avait pas abandonné les siennes. Aujourd’hui, on entreprend de « rationnaliser » l’ensemble, c’est notamment la « RGPP », la révision générale des politiques publiques qui profite de l’aggravation des finances publiques pour lancer une cure d’austérité (qui n’est cependant pas passée par la finance).
Ce schéma s’applique tout à fait à l’empilement structurel qu’a causé la construction européenne : avec des parlements et gouvernements nationaux ayant perdu l’essentiel de leur raison d’être, l’Etat unique européen préfère nouer ses relations directes avec les régions. Il faut s'attendre à ce qu'un jour on considère ce cadre national et ses institutions trop encombrant ! A noter que cette dérive fédéraliste est plus nette encore qu’en ce qui concerne les Etats-Unis, eu égard aux domaines toujours plus important des compétences accaparées par l’Union.

A quand le dépôt de bilan ?

Aujourd’hui, il faut faire le bilan car on est bien loin de la croissance promise ou du cadre révé pour affronter les défis de la mondialisation. La « stratégie de Lisbonne », axe majeur de politique économique et de développement de l'Union européenne entre 2000 et 2010, décidé au Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 par les quinze États membres d'alors voulait faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».
Il serait bon aujourd’hui de tirer les leçon de cet échec (crise financière permise par la libéralisation de la circulation des capitaux, plan d’austérité continental, vérouillage technocratique…) et certainement pas à la façon de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel !

L’Union européenne, de plus en plus, carbure à l’illégitimité, elle enfle telle une bulle qui menace d’exploser à tout instant, n’ayant plus le fondement démocratique nécessaire à son développement.

P.S : Signe du sérieux de la situation un économiste comme Jacques Sapir appelle désormais à la constitution de « Comités d’Action et de Résistance » et à la mise en œuvre de l’article 16 de la Constitution « pour rétablir la Démocratie et par là la souveraineté du peuple ». (5)




Eurokritik

lundi 11 octobre 2010

En mémoire de Maurice Allais



Fiche Wikipédia :
Maurice Félix Charles Allais, né à Paris le 31 mai 1911 et mort le 9 octobre 2010 à Saint-Cloud, est un économiste français proche de l'école néoclassique. Il est surtout connu pour ses contributions de pionnier à la théorie des marchés efficients dans l'utilisation des ressources pour lesquels il a reçu de nombreuses distinctions, dont le « prix Nobel d'économie » en 1988. Il est le seul citoyen français à avoir reçu cette distinction.

En 1947, il participe avec les libéraux Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et Milton Friedman à la création de la Société du Mont Pèlerin, prônant une lutte contre la montée de l'étatisme et la restauration de la liberté des échanges telle qu'elle régnait avant 1914. À partir de 1994, il abandonne ses positions reaganiennes et dénonce le libre-échange, qu'il rend responsable de l'accroissement du chômage. En 2005, Maurice Allais estimait que l’abandon de la préférence communautaire, décidé en 1974 par Bruxelles, avait entraîné une réduction du taux de croissance du PIB réel par habitant de chaque pays du traité de Rome de l’ordre de 30 à 50 %.

Il soutient en 2009 des propositions de réforme du système financier proches de celles avancées par Lyndon Larouche. En France, le Front national dit s'inspirer, pour son programme économique des idées récentes d'Allais ainsi que le mouvement royaliste.

En 2010, Maurice Allais se définit comme un libéral socialiste ; pour éviter la destruction de l'agriculture et l'industrie française, il proposa une réforme rétablissant les préférences régionales au sein du commerce international lorsqu'un écart de salaire est aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple.

On peut lire chez l'UPR

Ceux qui détiennent le pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs

À l’occasion de la disparition de Maurice Allais, seul Français à avoir jamais obtenu le “Prix Nobel d’économie” (il s’agit plus précisément du “Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel” car ce dernier n’avait pas créé de prix pour l’économie), le meilleur hommage à lui rendre est de reprendre ici le “Point de Vue” qu’il avait eu la possibilité de publier dans la presse française - une fois n’est pas coutume -, en l’occurrence dans le magazine Marianne  du 5 décembre 2009, voici dix mois.

Comme on le lira, cet homme encore très alerte intellectuellement malgré son grand âge, ce spécialiste mondialement reconnu des grandes crises économiques - et notamment de la crise de 1929 dont il rappelle ici qu’elle n’était due en rien au protectionnisme -, était tout simplement interdit de télévision, de radio et de journaux. Il est vrai qu’il disait la vérité : à savoir :

- que le démantèlement total des protections aux échanges, décidé conjointement par les Etats-Unis et la Commission européenne pour créer l”OMC, conduit directement à la destruction inexorable de l’industrie française, puis de son agriculture et de ses services, donc à l’appauvrissement irrémédiable de la France et des Français,

- que les instances européennes sont soit à la solde des grandes puissances d’argent soit d’une incompétence notoire (la charge qu’il dresse contre le commissaire français Pascal Lamy est à lire…),

- qu’il ne peut y avoir de salut qu’en rétablissant un protectionnisme par zones de même niveau de vie, notamment en excluant les pays d’Europe de l’est, ce qui est doublement contraire au principe même de l’Union européenne (qui repose quant à elle sur un libre-échangisme absolu et sur un grand marché étendu à tout le continent),

- enfin, que seuls “les ignorants ou les trompeurs” sont invités à s’exprimer dans les médias, lesquels sont tenus par une toute petite oligarchie financière qui écarte impitoyablement ceux qui veulent défendre l’intérêt de la France et du peuple français.
Le constat dressé par Maurice Allais est au fond exactement le même que celui dressé par François Asselineau, lui aussi interdit de tous les grands médias pendant que des incompétents ou des comparses y ont pignon sur rue.

Merci, Maurice Allais, pour cette grande leçon d’intelligence, de courage et de rectitude. Et ne vous en faites pas car l’avenir vous donnera raison bientôt. Comme le disait Charles de Gaulle, “Chez nous, on ne peut rien bâtir de durable sur le mensonge. C’est un fait troublant mais certain”.

== POINT DE VUE de Maurice ALLAIS - Marianne 9 décembre 2009 ==

Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés.

Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général.


Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n’est des écarts plus importants encore - pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler.

Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés.  Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin.

Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons -tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 - résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

Crise et mondialisation sont liées

Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

Un prix Nobel… téléspectateur

Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent.. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.

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(1) L’Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.

(2) Notamment La crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.


On peut lire chez Jacques Cheminade :  

Paris, le 11 octobre 2010 — Je viens d’apprendre hier soir la mort de Maurice Allais. Le seul Prix Nobel français de sciences économiques disparaît ainsi, sans que la presse écrite de ce matin lui consacre l’hommage qu’il mérite.
Il est vrai que depuis un certain temps, Le Figaro avait refusé de publier ses articles, et que seuls L’Humanité et Marianne l’an dernier, lui avaient ouvert leurs colonnes
Aujourd’hui, Le Figaro se montre plus prolixe, mais aucun média ne mentionne que Maurice Allais défendait depuis toujours la séparation entre banques d’affaires, banques de dépôt et banques de crédit (sa vision d’un Glass-Steagall global) et qu’il avait expliqué, démontré et annoncé depuis plus d’une décennie, dans de nombreux ouvrages et articles, la catastrophe financière mondiale survenue au cours de l’été 2008.
Logiquement, Maurice Allais s’était associé au large débat public ouvert par Lyndon LaRouche en vue de refonder radicalement le système de crédit et le système monétaire international, soulignant que sur des points essentiels, M. LaRouche et ses organisations avaient « souvent soutenu des idées proches de mes propres propositions de réformes fondamentales du système monétaire et financier international ».
Il nous avait autorisé, par sa lettre du 27 novembre 2009, à faire part publiquement de cette affirmation.
Ce « libéral socialiste », qui, selon moi, n’était ni l’un ni l’autre mais qui, en expert de la physique fondamentale, considérait l’économie du point de vue de l’équipement et de la production et non simplement d’une vision monétariste, aimait affirmer qu’il n’avait eu qu’un seul élève digne de ce nom, Gérard Debreu.
Par ailleurs, de nombreux dirigeants et responsables français, comme Dominique Strauss-Kahn, Marcel Boiteux, Thierry de Montbrial ou encore Jean-Louis Bianco, ont également suivi ses cours.
Personnellement, avec Louis Armand, Pierre Massé, Philippe Lamour et les équipes du Commissariat du et au Plan, j’ai baigné au cours de mes années d’études dans l’esprit de ce que les travaux de Maurice Allais avaient alors insufflé dans notre pays.
Puisse cet esprit renaître, par delà le désarroi et l’incompétence actuelles, en inspirant ceux qui sont atterrés par le système financier dominant, pour qu’ils trouvent la voie qui permettra d’en sortir par le haut, non en cherchant les issues dans un passé régressif mais dans un avenir de science et d’innovation, au cœur de ce que défendit Maurice Allais, une économie dans laquelle l’homme agit en responsable de son espèce et de la nature, découvrant, appliquant, équipant et produisant.
Il y a une urgence, une extrême urgence, car un monde dont le système financier se désintègre et le système économique et social se décompose a besoin d’une nouvelle génération de dirigeants, à l’image de l’homme de caractère qu’était Maurice Allais.
Jacques Cheminade.

On peut lire chez Nicolas Dupont-Aignan

Disparition de Maurice Allais : l’hommage du vice à la vertu
Seul contre tous dans son rejet du libre échange intégral et déloyal, Maurice Allais n’était pas seulement un immense savant de l’économie, mais aussi et d’abord un esprit libre, un vrai humaniste et un citoyen engagé, refusant tout au long de sa vie l’injustice qui se pare trop souvent des fausses nécessités et des idées à la mode.
Debout la République, qui plaide depuis toujours pour une humanisation de la mondialisation sauvage, n’a pas attendu la disparition de Maurice Allais pour faire une large place à ses analyses et propositions : lors de sa convention nationale pour le retour du plein-emploi en avril dernier, notre mouvement gaulliste et républicain avait ainsi eu l’honneur de recevoir un message de sa part, dans lequel il réaffirmait son soutien à la mise sur pied d’un véritable protectionnisme européen contre le capitalisme prédateur des pays émergents.
Il n’en est que plus écœurant de voir tous ceux qui, par leurs actes, ont combattu pendant vingt ans les idées de l’unique prix Nobel français d’économie (et ne se privant pas au passage de le qualifier de « ringard » pour le disqualifier), se presser aujourd’hui pour lui rendre hommage et tenter de détourner sa pensée. L’éternel hommage du vice à la vertu !
Pour sa part, Debout la République ne renoncera pas à plaider l’Europe des nations et du juste échange qu’avait toujours appelé de ses vœux Maurice Allais, dont la modernité, comme tous les grands esprits de notre temps, survivra bien entendu à sa mort.
Nicolas DUPONT-AIGNAN

mardi 28 septembre 2010

Le Mythe de l"Autre Europe" par François Asselineau

"Le texte qui suit est une réponse de François ASSELINEAU à un internaute, critique contre la construction européenne, mais qui se demandait néanmoins si “sortir de l’UE n’est pas un peu trop“.

Cher Monsieur,

Je vous remercie vivement de l’intérêt que vous portez à l’UPR.
Vous faites partie de ces très nombreux Français, réfléchis et de bonne foi, qui ont maintenant bien compris que la “construction européenne” est en train de détruire la France, son économie, ses acquis sociaux, son mode de vie, sa langue, son identité, sa place dans le monde, etc., mais qui, pour autant, ont encore des réticences à en tirer la seule conséquence qui s’impose, à savoir qu’il faut sortir de cette servitude volontaire en quittant purement et simplement la prétendue “Union européenne”. Je ne vous reproche rien, bien entendu, et il est parfaitement normal que vous ayez des réticences, comme nous en avons tous eues.
Mais je dresse un constat, tiré de ma propre expérience : cette réticence que vous avez à admettre qu’il n’y a pas d’autre solution que de sortir de l’UE vient probablement du fait que, comme une très grande majorité de Français, vous n’entendez toujours que les seuls arguments de la propagande européiste ou “alter-européiste”. Et en particulier cette propagande, incessante et très maligne, qui invite les critiques à faire preuve encore et encore de patience, en leur faisant miroiter l’idée qu’une “autre Europe” serait possible, et en les invitant à cogiter dessus.
Pourtant, réfléchissez : lors des élections européennes de 1979, le slogan du PS était “Changer d’Europe” ; et lors des élections européennes de 2009, le slogan du PS était “Changeons l’Europe”.
En 30 ans, non seulement l’Europe n’a pas le moins du monde changé dans le sens promis par le PS à ses troupes en 1979, mais son alignement tous azimuts sur les intérêts américains et ultra-libéraux n’a fait que s’affirmer, jusqu’à ce qu’il crève désormais les yeux de nos concitoyens.
La bonne question que vous devez donc vous poser n’est pas “quelle serait l’Europe idéale ?” mais : “Pourquoi TOUS les projets d’autre Europe, venus de droite, du centre, de gauche, ou des extrêmes, n’ont-ils jamais vu le moindre début de commencement depuis 30 ans ?”
Si vous voulez obtenir des explications claires et irréfutables à cet état de fait, je me permets de vous suggérer de visionner mes conférences en ligne. En particulier celle intitulée “Qui gouverne la France ?” - déjà en ligne - et plus encore celle sur “Qui gouverne la France et l’Europe ?” qui le sera prochainement. Je vous invite aussi à venir, si cela vous est possible, à la réunion publique que je tiendrai samedi 1er octobre à Paris. http://u-p-r.fr/wp-content/uploads/2010/09/conference_paris-roquette_12-impasses_01-10-2010.pdf
La raison essentielle pour laquelle une “autre Europe” est impossible, c’est que la “construction” européenne ligote ensemble un nombre sans cesse croissant d’États aux intérêts nationaux divergents, voire opposés, dans tous les domaines. La seule résultante possible d’une telle structure, c’est une situation de blocage continuel que seul peut piloter à sa guise le “fédérateur extérieur” que Charles de Gaulle avait dénoncé dès sa conférence de presse du 15 mai 1962 : les États-Unis d’Amérique.
Pourquoi cela ? Parce qu’une très grande majorité des États membres de l’Union européenne sont alignés politiquement, économiquement et mentalement sur les États-Unis d’Amérique.
Là encore, réfléchissez à ces deux exemples :
a) Avec 27 États, 23 langues officielles et 506 combinaisons de traduction, l’UE est devenue une Tour de Babel ingérable. Pour qu’elle puisse fonctionner un minimum, il faut qu’elle adopte de facto une langue unique de travail. Et quelle est cette langue ? l’anglo-américain bien sûr. Désormais, plus de 90% des documents de travail de la Commission se font en anglo-américain, alors que le français faisait encore à peu près jeu égal dans les années 80. Ainsi se referme le piège, de façon implacable, car l’utilisation d’une langue est chose capitale : une langue véhicule une vision du monde, des valeurs, une identité. Une langue COLONISE.
b) Que cela plaise ou pas, c’est une situation indéniable que la grande majorité des États membres de l’UE à 27 est totalement alignée sur les États-Unis. C’est le cas :
- du Royaume-Uni bien sûr,
- mais aussi de l’Allemagne qui, contrairement aux sornettes que l’on raconte aux Français, ne souhaite aucunement que l’Europe prenne ses distances d’avec les USA. Le prétendu “moteur franco-allemand” que l’on ressasse aux Français n’est à peu près jamais évoqué outre-Rhin et n’a d’ailleurs jamais existé, depuis que le Bundestag a ratifié, en juin 1963, le fameux traité de l’Élysée de janvier 1963 en le vidant de sa substance “gaullienne” pour en faire un instrument d’alignement total sur la stratégie américaine. L’Allemagne a continuellement fait le choix d’une alliance avec Washington depuis 1945, et elle a réaffirmé ce choix stratégique essentiel en signant - en 2003 - une très officielle “Alliance stratégique germano-américaine pour le XXIe siècle”,
- du Portugal et de sa base américaine des Açores,
- de l’Irlande dont l’économie a très largement bénéficié des investissements américains,
- des pays du Bénélux, traditionnellement pro-américains et ultra-libre échangistes comme la Grande Bretagne,
- de TOUS les pays de l’est, qui sont d’abord entrés entrés dans l’OTAN avant d’entrer dans l’UE en 2005, et qui ont recherché dans cette double adhésion d’abord et avant tout le parapluie stratégique américain pour les protéger de la Russie.
Dans ces conditions, avec quels États, quels gouvernants, quels peuples, ceux qui, en France, souhaitent bâtir une « autre Europe » qui correspondrait aux desiderata des Français, vont-ils le faire ? Question sans réponse qu’éludent systématiquement les partis qui proposent une “Autre Europe”.
C’est parce qu’il n’y a personne en face pour répondre à ce souhait des Français que l’Autre Europe est un mythe.
Et si ce mythe est diffusé à satiété dans nos médias, pourtant entièrement verrouillés par les intérêts euro-atlantistes, c’est bien que ces intérêts y trouvent leur compte.
Le mythe de l’Autre Europe sert à endormir nos concitoyens et à tuer dans l’œuf tout début de prise de conscience et tout embryon de remise en cause réelle du processus d’asservissement en cours.
Nos compatriotes de bonne foi, qui n’osent pas aller jusqu’au bout de la logique et qui imaginent encore, comme leurs parents l’ont fait depuis cinq décennies, pourvoir bâtir une « autre Europe », doivent donc bien mesurer la conséquence très concrète de leur attentisme :
- chaque jour, la France PERD ENVIRON 800 À 1000 EMPLOIS INDUSTRIELS,
- chaque jour, la France verse à fonds perdus et sans retour 20 millions d’euros à l’Union européenne,
- chaque jour, des nouvelles remises en cause de nos acquis sociaux et de nouvelles contraintes liberticides nous proviennent de Bruxelles comme autant d’oukases piétinant l’essence même de notre République et de notre démocratie,
- chaque jour, des soldats français, engagés dans une coalition euro-atlantiste, meurent en Afghanistan ou y participent à des crimes de guerre, que les médias qualifient de “bavures”,
- chaque jour, la France perd de l’influence et de la sympathie dans le monde,
- chaque jour, la langue française et le rayonnement intellectuel et moral de la patrie de Voltaire, Jaurès et Charles de Gaulle, s’affaiblit un peu plus.
Il y a donc une TRÈS, TRÈS GRANDE URGENCE à sortir de cette « prison des peuples » qu’est la construction européenne.
ATTENDRE ENCORE, C’EST FAIRE LE CHOIX DE SOUTENIR NOTRE AUTO-DESTRUCTION.
Car comme le dit le proverbe chinois que j’aime à citer dans l’une de mes conférences : « C’est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves ».
Cordialement,
== François ASSELINEAU =="

Source : Union Populaire Républicaine