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vendredi 28 octobre 2011

Jacques Sapir descend l'accord pour sauver l'euro : "le pire accord possible"

Extraits d'un article de Jacques Sapir sur marianne2.fr



L'accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l'agonie de l'Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l'indépendance économique de l'Europe et son futur à moyen terme. C'est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.
Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l'indépendance de l'Europe sur l'autel d'un fétiche désigné Euro.

 (...)

3. La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. (...) Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« credit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus,  
ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !



4. L'appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu'ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manoeuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que 

ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. 

(...)


 
5. L'engagement de Berlusconi à remettre de l'ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d'austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.
 

6. La demande faite à l'Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d'austérité qui ont été exigés de ce pays.



7. L'implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l'oeil de Washington nous surveillera un peu plus... L'Europe abdique ici son « indépendance ».


Les piètres conclusions que l'on peut en tirer...
- Les marchés, après une euphorie passagère (car on est passé très près de l'échec total) vont comprendre que ce plan ne résout rien. La spéculation va donc reprendre dès la semaine prochaine dès que les marchés auront pris la mesure de la distance entre ce qui est proposé dans l'accord et ce qui serait nécessaire.
- Les pays européens se sont mis sous la houlette de l'Allemagne et la probable tutelle de la Chine. C'est une double catastrophe qui signe en définitive l'arrêt de mort de l'Euro. En fermant la porte à la seule solution qui restait encore et qui était une monétisation globale de la dette (soit directement par la BCE soit par le couple BCE-FESF), la zone Euro se condamne à terme. En recherchant un « appui » auprès de la Chine, elle s'interdit par avance toute mesure protectionniste (même Cohn-Bendit l'a remarqué....) et devient un « marché » et de moins en moins une zone de production. Ceci signe l'arrêt de mort de toute mesure visant à endiguer le flot de désindustrialisation.
- Cet accord met fin à l'illusion que l'Euro constituait de quelque manière que ce soit une affirmation de l'indépendance de l'Europe et une protection de cette dernière.
 
Les conséquences de cet accord partiel seront très négatives. Pour un répit de quelques mois, sans doute pas plus de six mois, on condamne les pays à de nouvelles vagues d'austérité ce qui, combiné avec le « credit crunch » qui se produira au début de 2012, plongera la zone Euro dans une forte récession et peut-être une dépression. Les effets seront sensibles dès le premier trimestre de 2012, et ils obligeront le gouvernement français à sur-enchérir dans l'austérité, provoquant une montée du chômage importante. Le coût pour les Français de cet accord ne cessera de monter. 


Politiquement, on voit guère ce que Nicolas Sarkozy pourrait gagner en crédibilité d'un accord où il est passé sous les fourches caudines de l'Allemagne en attendant celles de la Chine. Ce thème sera exploité, soyons-en sûrs, par Marine Le Pen avec une redoutable efficacité. Il importe de ne pas lui laisser l'exclusivité de ce combat.



La seule solution, désormais, réside dans une sortie de l'euro, qu'elle soit négociée ou non.

jeudi 14 avril 2011

Marine Le Pen promet la sortie de l’Otan et un partenariat avec la Russie

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a promis mercredi devant les journalistes étrangers à Nanterre, que si elle gagnait la présidentielle, la France ferait de la Russie un partenaire privilégié et sortirait de l’Otan.
"Je pense que la France a tout intérêt à se tourner vers l’Europe, mais la grande Europe, et notamment à travailler à des partenariats avec la Russie", a-t-elle dit.
Mme Le Pen a argumenté la nécessité d’un partenariat stratégique avec Moscou par des "raisons évidentes, civilisationnelles et géostratégiques", ainsi que par l’intérêt de l’indépendance énergétique de la France.
Elle a également promis de modifier les relations franco-américaines et de faire sortir la France de l’Alliance atlantique, en rappelant que le FN avait toujours été contre l’entrée dans l’Otan.
"Les choix qui ont été faits par le président de la République, qui apparaissent comme des choix d’alignement systématique (sur les Etats-Unis, ndlr), ne m’apparaissent pas positifs", a-t-elle indiqué.
Mme Le Pen a également prédit la fin de l’euro et défendu le plan de sortie de la monnaie unique de son parti. Elle a appelé à suspendre d’urgence l’espace Schengen et à réfléchir sérieusement à "la fin de l’Union européenne".
(...)
Source : http://fr.rian.ru/russia/20110413/189155817.html

samedi 25 septembre 2010

Retraites et souveraineté monétaire


Nicolas Dupont-Aignan rejoint Jean-Luc Mélenchon parmi les hommes politiques connus parlant de notre asservissement monétaire qui remonte à la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 qui interdit à l'Etat d'emprunter auprès de la Banque de France ( "Le trésor public ne peut-être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France") l'obligeant ainsi à se tourner vers les marchés privés pour se financer.

En complément sur le sujet :

André-Jacques Holbecq auteur de "La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?"



Etienne Chouard sur le sujet :



Un auditeur de RMC interpelle Claude Goasguen au sujet des retraites et de la loi Pompidou-Giscard :


Marine Le Pen sur la loi Pompidou-Giscard de 1973 et les marchés financiers :


Mélenchon lors de la crise grecque :



Intervention de Nicolas Dupont-Aignan lors d'un débat organisé par Marianne :

"on ne peut pas quand même à ce point prendre les français pour des imbéciles en leur parlant de services publics toute la journée et d'avoir signé à Barcelone la mise en concurrence des services publics, c'est pas possible !"